28/11/2017

Parties de tennis

Les amateurs de tennis et les amoureuses de Federer reprennent leur souffle. Pendant quelques semaines on ne suivra plus la balle jaune des heures durant sur les petits écrans. Les grands écrans ont cependant pris le relais. Deux films nous replongent dans quelques farouches combats du passé.


En Suisse, nous sommes gâtés. Grâce à la grâce de Federer et au revers de Wawrinka, la TV suisse nous offre généreusement de multiples occasions de suivre le tennis. Lorsque nos deux héros ne sont plus de la partie, la diffusion baisse. Pour la Coupe Davis France-Belgique, la TV française est entrée en action : rare occasion de voir briller des joueurs français. Même si le fin Goffin, au physique de gendre idéal, a donné l’estocade avec succès, il n’a pas suffi à empêcher la France de remporter une dixième fois la fameuse Coupe, créée en 1900 par un étudiant d’Harvard appelé Davis.

Goffin.pngDavid Goffin

A propos des Belges : ils portaient sur leur maillot « BELGIUM ». Preuve que dans ce pays multilingue, comme la Suisse, la langue anglaise s’impose, par exigence de simplicité. Comment choisir entre BELGIQUE, BELGIË et BELGIEN sans froisser quiconque ? Mais pourquoi inscrire DAVIS CUP sur le terrain ? Et FINAL ? La finale se disputait à Lille, en pays francophone, semble-t-il.

Pendant les Masters – le tournoi des maîtres – à Londres, le Belge Goffin a joué un rôle déterminant, abattant les numéros un et deux (Nadal et Federer) et ouvrant enfin la voie à une nouvelle génération. Malheureusement pour lui, la lutte avait été trop exigeante. En finale il a tiré les marrons du feu pour le Bulgare Dimitrov. Celui que l’on appelle « Baby Federer » confirme ainsi son surnom ; il est maintenant le suivant immédiat de Federer dans la liste des dix meilleurs joueurs.

Pas de chance donc pour le Belge qui se fait coiffer au poteau. Gageons que l’année prochaine il prendra sa revanche et définitivement le large. Rendez-vous à Melbourne dès le 15 janvier. Nous retrouverons aussi Federer et Wawrinka toujours avides de tennis et de réussites, pour notre plus grande joie.

D’ici-là, rendez-vous au cinéma. Deux grandes batailles sont reconstituées avec succès. L’une entre deux monstres sacrés, l’autre entre une femme et un homme.

Borg/McEnroe de Janus Metz Pedersen rappelle la rivalité entre deux joueurs foncièrement différents, sauf sur un point : le tennis domine absolument leur vie. Ils sacrifient tout à leur passion du jeu. On voit à quel point la préparation, le travail, la force mentale, l’addiction en quelque sorte, sont indispensables pour atteindre le but, la victoire finale.

Sverrir Gudnason incarne de manière stupéfiante le Suédois, il lui ressemble à s’en méprendre, presque un clone, et Borg lui-même s’est montré assez satisfait du résultat. En revanche, Shia LaBeouf n’a pas une personnalité assez convaincante dans le rôle de McEnroe. En plus, il paraît trop âgé. Car, lors de la fameuse finale de Wimbledon en 1980, l’Américain n’avait que 21 ans. Il n’avait remporté que l’US Open l’année précédente, tandis que Borg, 24 ans, avait déjà empoché 5 Roland Garros et 4 Wimbledon.

Cette finale mythique, que le film présente de façon réaliste – on s’y croirait – permet à Borg de gagner son 5e Wimbledon de suite. Mais ce sera son dernier. McEnroe prendra sa revanche l’année suivante, comme il l’avait déjà fait à l’US Open. Et récoltera 7 titres majeurs.

Le film met en évidence l’importance de l’entraînement des joueurs. Le talent, même le génie, ne suffisent pas. Ils s’appuient sur un travail continuel. Le second film le prouve. C’est l’un des aspects de Battle of the Sexes qui aborde plusieurs autres thèmes passionnants. La réussite de ce film est peut-être due à la collaboration d’une femme et d’un homme – Valerie Faris et Jonathan Dayton – dans la réalisation.

Cette bataille des sexes est celle que l’Américaine Billie Jean King a engagée pour amener le tennis féminin à la parité avec le tennis masculin. Ses démêlés avec l’association des joueurs ATP démontrent son opiniâtreté et son goût pour la confrontation qui se révèlent naturellement sur les courts.

Le prétexte de ce film est le pari que lance Bobby Riggs, un champion des années 1940, affirmant qu’il peut battre n’importe quelle joueuse, même la meilleure. En 1973, il a 55 ans. La tenante des 19 titres de grand chelem, Margaret Court, qui, à l’époque était considérée comme la meilleure dans l’histoire du tennis féminin, accepte le combat. Elle perd. Le macho Riggs se rengorge. Mais Billie Jean, qui n’a que 5 titres majeurs, ne s’en laisse pas compter. Alors que Riggs fanfaronne, elle trime pour tenir la forme le jour dit. Et elle gagne.

La reconstitution de la fameuse partie, pour former le clou du film, n’en est qu’un des éléments. En même temps que Billie Jean se prépare à sa double bataille, contre Riggs et contre l’ATP, elle découvre son homosexualité et le problème de ses relations avec un mari aimant et aidant. Toutes ces difficultés simultanées apparaissent peut-être comme un artifice exagéré, mais l’ensemble fonctionne. D’autant mieux que l’actrice Emma Stone et son adversaire Steve Carell nous font croire à leurs personnages.

Bref, ces films vous permettront de prendre patience avant le retour de la balle jaune sur les petits écrans.

21:09 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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