24/01/2018

Lettre de Londres

 

Un ami m’a envoyé une lettre de Londres, partiellement en anglais, pour me démontrer que l’anglais est farci de mots d’origine française, que cela dure depuis l’invasion normande de 1066, et que la langue ne s’en porte pas plus mal. Sous-entendu, je ne devrais pas m’indigner des irruptions de l’anglais en français ! En plus, cela présente l’avantage d’être compris même si on ne connaît pas l’anglais.


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London is fantastic, dynamic, just like the brochures. The pound sterling is no problem. There are numbers of banks and bureaux de change. The hotel is excellent, with a restaurant and a view on the river. It is just in the centre. The buses circulate rapidly in the dense traffic.

My fiancée invited me for a tête-à-tête dinner. She prepared an excellent soup with onions, carrots, courgettes, brocoli ; then a succulent rum steak with a divine sauce and rice ; for dessert a homemade chocolate cake. Delicious. She offered a very special Bordeaux wine, a château. AND she promised to marry me in May!!!

Benefitting from the sales we went shopping in the boutiques of the West End. She acquired 2 pairs of jeans of different colours and myself a very chic jacket, from Savile Row.

France is at the forefront. There was Lumiere London, blocking the city’s centre with spectacular creations. The France Show is announced at the Olympia Centre.

Numerous exhibitions show French artists: at the Royal Academy a confrontation Duchamp-Dali (now closed); at the Tate Modern: Modigliani (until 2 April); at the National Portrait Gallery: Cézanne (until 11 February); at the National Gallery: Degas (until 7 May); at the Queens Gallery, the collection of Charles II contains a splendid Georges de la Tour amid works from Holland, Flanders and England (until (13 May); at the Tate Britain: Impressionists in London, French artists in exile 1870-1904 (until 7 May). This was particularly interesting. Monet, Pissarro, Sisley had arrived in London, to avoid the Franco-Prussian war. Legros, the sculptor Dalou received them. It was possible to compare six Parliament of Monet, coming from museums in New York, Chicago, Brooklyn, Paris, Le Havre, Krefeld. Extraordinary encounter.

James Tissot came after the 1870-71war and entered the high society.

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At the Victoria and Albert Museum: Opera (until 25 February), is a spectacular show about 7 premieres in 7 opera houses in 400 years: commencing with Monteverdi at Venice, finishing with Lady Macbeth of Mtsensk at St Petersburg. Also Tannhäuser at the Paris Opera. There is a reproduction of a décor of the 17th century, Mozart’s piano for Nozze de Figaro, Dali’s costume designs for Salome, many paintings, manuscripts, costumes and objects.

Inspired by that exhibition we went to see Rigoletto at the Opera House Covent Garden, a magnificent production in Renaissance costumes, resembling paintings of Veronese.

We also attended a matinee of The Miserables, a musical comedy adapted from Victor Hugo, which has a phenomenal success.

Another enormous success which we saw on television: a brilliant football match of the Premier League between Arsenal and Chelsea in a giant stadium, fully booked. (Note de la trad: “fully booked” ne veut pas dire “plein de livres”, mais “à guichets fermés”.) It finished in a draw 2-2.

Many people speak about Brexit. Some hope it will not happen: “Brit in” instead of Brexit.

Là, je vais poursuivre en français.

Durant mon séjour, la situation alarmante des services de santé NHS était sur toutes les lèvres, la crise étant amplifiée par l’épidémie de grippe. Des patients devaient patienter des heures pour être pris en charge. Le problème est d’autant plus aigu que les partisans du Brexit avaient fait miroiter à leurs électeurs des millions de livres sterling pour le NHS, en empochant la cotisation à l’Union européenne. Mirage et Fake news que cela.

Au début de l’année on avait prédit un remaniement ministériel substantiel ; il s’est achevé en queue de poisson. Les principaux ministres sont restés à leur poste, dont l’inénarrable Boris Johnson, qui ressemble de plus en plus à Donald Trump, avec sa mèche faux blond et son déni de la réalité. Toujours aux affaires étrangères, il sert probablement de fusible à Theresa May. Les opposants au Brexit sont de plus en plus nombreux. Au fur et à mesure des négociations avec Bruxelles, les électeurs s’aperçoivent des mensonges et de l’impréparation de ceux qui avaient soutenu la sortie de l’UE. Certains prévoient des élections et la chute des conservateurs. Les milieux financiers et d’affaires sont dans l’expectative.

En contraste avec ces hésitations, on constate la poursuite de projets grandioses, immobiliers ou culturels. La ville fourmille de grues (sans jeu de mots).

 

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Que construit-on ? Des ensembles immobiliers de luxe, des agrandissements de musées (le Victoria and Albert, la Royal Academy) et de l’Opéra royal, entre autres. Les magasins et les restaurants sont pleins, on se bouscule à Oxford Street.

Pourtant, les habitants de la Tour infernale, la Grenfell Tower à North Kensington attendent toujours d’être relogés et je n’ai jamais vu autant de pauvres hères dormir dans la rue, même pas à l’époque Thatcher. On me dit que ce sont des migrants. Problème insoutenable. Insurmontable ?

15:23 Publié dans Air du temps, Art | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce sont surtout les mots d'origine latine qui ont influencé la langue anglaise suite aux conquêtes romaines au-delà de la Manche. Mais pour revenir à la notion d'influence ou de mélange, il est dommage que la langue française soit aussi passive, incapable de créer, d'inventer de nouveaux mots, au contraire, par exemple de la langue italienne ou de l'Allemand !

Écrit par : uranus2011 | 24/01/2018

Honni soit qui mal y pense : L'incroyable histoire d'amour entre le français et l'anglais

https://www.amazon.fr/Honni-soit-qui-mal-pense/dp/222108165X/ref=asap_bc?ie=UTF8

Écrit par : Jacques-Andre WIDMER | 25/01/2018

La préservation de la langue originelle se fait mieux par l'anglais que par le français. La langue la plus éloignée de Rome mais néanmoins latine : le portugais.
En portugais : atrelado. En anglais : trailor. En français : remorque.
Qui "trahit" le plus : le français.
(il y a d'autres exemples...)

Écrit par : Géo | 25/01/2018

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