05/02/2018

L'art au féminin

 

Le salon « artgenève » vient de s’achever. Face à près de cent galeries, seize pays et environ un millier d’artistes, on ne pouvait tout voir. Voici un petit rattrapage, prenant pour critère l’art au féminin, qui ne représente – à vue de nez – guère plus d’un tiers.


 

Parmi les galeristes, on trouve nombre de femmes, comme à Genève l’enthousiaste et chaleureuse Rosa Turetsky qui propose la légèreté des plumes d’oie d’Isa Barbier et le pittoresque Déjeuner sur l’herbe de Ladina Gaudenz, peint à l’huile sur des assiettes en carton ; jolie manière de lancer un clin d’œil à l’œuvre emblématique de Manet et de nous emmener en pique-nique.

 

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Vidya Gastaldon, que l’on a vue au Musée international de la Réforme pour participer à l’illustration de la Bible, est présente dans deux galeries. Chez Art:Concept un autre aspect de son travail est la transformation de tableaux existants, ici aussi sur le cadre.

 

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Les femmes se laissent souvent inspirer par des objets existants. L’Italienne Francesca Pasquali (Galerie Tornabuoni Art) crée des paysages de pailles en plastique, ces pailles qui réjouissent les enfants.

 

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La tapisserie et la broderie font partie des armes féminines. Comme la grande tapisserie de Laure Prouvost (Galerie Nathalie Obadia) et Juana Gomez, qui a brodé des réseaux colorés sur sa propre photographie (Galerie Michael Hoppen).

 

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La Mexicaine Teresa Margolles (Galerie Peter Kilchmann) crée des œuvres signifiantes ; elle situe ses sculptures dans des lieux appropriés et les photographie. Ici, « Couverture, l’ombre » est constituée d’un tissu, récupéré dans une morgue bolivienne, qu’elle a placé dans la banlieue de Lucques. Cette couverture avait recouvert le corps d’une femme tuée à La Paz. En Bolivie, 87% des femmes subissent des mauvais traitements, fait remarquer l’artiste.

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Les sculptures de l’Allemande Toni Schmale (Galerie Christine König) incorporent des objets usuels pour les dérouter de leur sens. Sous le titre numérique « 170/400/550/950° » les deux poteaux en acier sont saisis par des mains en béton.

 

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Parfois un peu kitsch, mais pourtant séduisantes, les céramiques de la Néo-Zélandaise Virginia Leonard (Galerie Taste Contemporary) qui réalise aussi de grands tableaux abstraits. Ces vases modelés reflètent les brisures de son propre corps à la suite d’un sévère accident.

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Dans la même galerie les « Raining Stones » de l’Anglaise Aneta Regel, mélange de pierre volcanique, de glaise, porcelaine et résine, présentent le même genre de céramique sculptée.

De nombreuses femmes se sont illustrées dans la sculpture. Sur les quais et à la galerie Pace sont exposées des œuvres de la pionnière Louise Nevelson. Nikki de Saint-Phalle (Galerie Vallois) est aussi présente avec un petit coffret surprise.

 

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La Belge Berline de Bruyckere (Galleria Continua) impressionne avec ses corps et ses membres déchiquetés.

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La maternité est représentée par des œufs ouverts en laiton dans l'oeuvre superbement épurée de Marta Jovanovich (galerie Eugster-Belgrade).

 

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On découvre dans la même galerie l’Américaine Kiki Smith qui ne se cantonne pas à la sculpture, elle travaille dans d’autres disciplines et s’inspire souvent des visages humains.

La peinture abstraite n’est pas ignorée des femmes. Un exemple à la galerie Mezzanin qui consacre un espace personnel aux couleurs délicates de l’Autrichienne Martha Jungwirth.

 

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Des vidéos figurent aussi dans la palette des artistes féminines, ainsi que la plasticienne suisse Silvie Defraoui, lauréate de la Bourse Leenaards 2017, l'a montré sur le sol d'une galerie.

 

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Beaucoup de ces artistes ont déjà leurs œuvres dans des musées. Allons donc faire un saut au musée londonien Tate Britain qui vient d’accorder une superbe exposition à Rachel Whiteread. L’Anglaise s’est fait connaître par ses moules blancs en résine de façades et d’objets divers. Elle utilise aussi d’autres matériaux, plâtre, polystyrène, papier mâché. Ici, ces étagères sont en plâtre et acier.

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Cette visite londonienne met un terme à ce petit tour d'horizon artistique destiné à mettre en évidence l'art féminin trop souvent négligé.

 

17:58 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci chère Anne Cendre, pour ce très intéressant compte rendu.

Écrit par : Marie Danielle Koechlin | 16/02/2018

Ce commentaire me fait d'autant plus plaisir qu'il provient d'une artiste genevoise dont on peut voir les oeuvres à Paris du 21 février au 4 mars à la galerie du Génie, 126 rue de Charonne, 11e arrondissement, près de la Bastille.

Écrit par : Anne Cendre | 17/02/2018

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