08/05/2018

Les pastels de Party

Le pastel n’est pas un art du passé. Ses tons duveteux, lumineux, purifiés ont traversé les siècles en se transformant pour arriver jusqu’à nous. Pour preuve l’artiste Suisse Nicolas Party. On peut le découvrir ces jours à la Fondation de l’Hermitage dans les hauts de Lausanne. Il faut atteindre la dernière salle, en sous-sol, au bout de la galerie où son œuvre joyeuse et colorée vous happe littéralement.


 

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Nicolas Party (photo Christophe Coënon), né en 1980 à Lausanne, s’est fait connaître en Europe et aux Etats-Unis par de nombreuses expositions. En Suisse, il a été exposé à Neuchâtel et la galerie Gregor Staiger de Zurich soutient son travail. Il était temps qu’il revienne à Lausanne. Sa présence, au bout de la galerie souterraine de l’Hermitage est une découverte surprenante.

Sa formation a été diverse. Passant par Lausanne - où il fut l’élève de John Armleder - et Glasgow. Il se partage maintenant entre Bruxelles et New York. Il s’exprime par divers moyens, dessin, sculpture, fresques murales et, donc, pastel. On peut déceler des influences suisses – Vallotton, Hodler. ou es natures mortes de Morandi.

C’est en voyant une Tête de femme de Picasso au pastel que Nicolas Party a été conquis par ce moyen d’expression. Et aussi par le portrait. Sa première exposition d’œuvres au pastel a été présentée à la galerie Gregor Staiger. Depuis lors il n’a cessé de s’y frotter, si l’on peut dire. C’est devenu sa technique préférée. En 2018, à l’occasion d’une exposition chez Karma à New York, il rédige un livre sur le pastel.

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Même si l’on peut déceler une certaine ambiguïté chez lui, il souhaite rester simple, que son travail soit accessible à tous. « L’idée de simplicité est très belle et peut-être que la naïveté est un moyen d’y arriver », a-t-il déclaré. « Je veux atteindre et non juger certains types de visiteurs. » C’est pour lui un « acte politique ».

« La séduction est importante. C’est le moyen d’inciter les gens à entrer en conversation avec l’œuvre. » Il accepte le lien entre art et décoration.

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L’art de rues, le street art, en est une facette par son attrait visuel et séduisant. A Glasgow, sur un terrain en friche, près d’un canal, il réalisa en 2013 une immense fresque murale époustouflante, intitulée 157 jours de soleil.

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Les décorations de Party surprennent par leur variété. Tel ce Panorama de 5 mètres sur 6 (acrylique sur bois) qui date de 2015 et qui reprend ses sujets préférés, arbres, paysages, fruits et humains.

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Interrogé dans la revue SPIKE sur l’impact des nouvelles technologies, l’artiste répond : « Si vous êtes assis sur un éléphant, votre comportement change. La technologie change, mais cela ne signifie pas que l’art s’améliore ». Prudent, l’artiste !

Outre sa participation à la Fondation de l’Hermitage (jusqu’au 21 mai), Nicolas Party est présenté à la Frac de Lorraine à Metz (jusqu’au 17 juin) et bientôt au Musée Magritte à Bruxelles (du 22 mai au 18 novembre).

15:42 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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