10/06/2018

Tennis de Genève à Paris

L’improbable demi-finaliste de Paris avait passé à Genève sans se faire remarquer. Cecchinato, faux Tchèque et vrai Sicilien, le roi des amortis, avait mordu la poussière ocre au Geneva Open dès le premier tour. Mais si le match avait eu la durée d’un match de grand chelem, Marco aurait peut-être gagné, car, à Paris, il a réussi au premier tour ce qui arrive assez rarement : l’emporter après avoir perdu les deux premières manches.


Le même exploit – gagner après la perte des deux premières manches – a également été l’œuvre du Belge David Goffin au premier tour à Paris. Et c’est précisément Cecchi qu’il rencontrait en 8e de finale et sous les coups duquel il a succombé. On ne peut s’empêcher de penser que si Goffin s’était rendu à Genève, comme il s’y était engagé, il aurait su résister grâce à cet entrainement.

A propos du Banque Eric Sturdza Geneva Open, on notera cependant que les deux finalistes n’ont guère brillé à Paris. Le vainqueur hongrois Fucsovics n’a survécu qu’au premier tour tandis que l’Allemand Gojowczyk a perdu d’entrée. Faut-il en conclure que le tournoi genevois n’est pas une bonne rampe de lancement ou que, cette année, la participation était maigrichonne ?

Le sort de Wawrinka qui, lui aussi, a participé aux deux tournois, sans succès de part et d’autre cette année, ne permet pas de répondre à cette question. On ne saurait oublier qu’en 2015, le joueur suisse avait perdu à Genève et, en shorts multicolores, avait fini vainqueur de son premier grand chelem. Et que lorsqu’il avait gagné à Genève en 2016 et 2017, il s’était incliné à Paris.

Comparaison n’est pas raison, passons donc à autre chose.

                                                        Roland Garros

Roland Garros, vous savez qui c’est ? Apparemment, même les candidats au titre du célèbre championnat l’ignorent. Garros n’était pas un champion de tennis, mais un brillant aviateur français qui avait franchi pour la première fois la Méditerranée en 1913 et était mort dans un combat aérien en 1918.

Son nom a été donné au stade construit en 1928 pour accueillir les matches de la Coupe Davis. Le club Stade français possédait ce terrain et en le cédant à la Fédération de tennis à cette occasion, le président du club exigea qu’on baptise le nouveau centre sportif du nom de l’aviateur qui avait été son ami.

La Coupe Davis avait été gagnée en 1927 par la fameuse équipe des « mousquetaires » qui récidiva chaque année jusqu’en 1932. Ces mousquetaires – Cochet, Brugnon, Borotra et Lacoste - ne sont pas oubliés puisque la terrasse située entre le court central et le court N° 1 s’appelle la terrasse des Mousquetaires.

terrasse 2.PNG

Cette terrasse, parlons-en. Elle est l’endroit le plus convivial du stade. Pour regarder l’immense écran tendu contre le court N° 1, transmettant les joutes du court central Philippe Chatrier ou du Suzanne Lenglen, des matelas et des chaises longues, de couleur ocre bien sûr, ont été installés. Les spectateurs qui n’ont pas de billets pour les terrains principaux peuvent ainsi, plus confortablement que sur les sièges durs et numérotés, suivre les batailles que se livrent leurs joueurs favoris.

Un autre écran géant est fixé contre le court Suzanne Lenglen. Mais la foule est si dense à cet endroit qu’on se croirait plutôt au milieu de la gare de Lyon un jour de grève, car c’est également la voie d’accès à une dizaine de courts annexes.

caméra.PNGcaméra surveillant le stade       court.PNG

 

Faut-il aussi rappeler qui sont Chatrier et Lenglen ?

                                                        Chatrier             

Philippe Chatrier (1926-2000) a été un excellent joueur, capitaine de l’équipe de Coupe Davis, président de la Fédération française et internationale de tennis, qui oeuvra pour populariser son sport. Il était très bel homme et je me rappelle qu’il m’avait vivement impressionnée lorsqu’il était venu à Genève pour participer aux Championnats internationaux de Suisse sur courts couverts en novembre 1951. Avec celle qui allait devenir sa femme, Susan Partridge, ils formaient un couple superbe, qui perdit cependant en finale du double mixte. Dans le même championnat, on vit aussi Borotra, le Basque bondissant, gagner le double messieurs, à 53 ans.

                                                        Lenglen

Bondissante, elle aussi, était Suzanne Lenglen qui fut l’une des meilleures joueuses du monde dans les années 1920. Elle avait choqué les traditionalistes en renonçant aux jupes longues. Elle mourut jeune, à 39 ans, alors que les « mousquetaires » dépassèrent les 80 ans. L’enceinte qui porte son nom a été construite en 1991.

L’âge joue un rôle aujourd’hui. Djokovitch, ancien numéro 1, le pur-sang aux chevilles fragiles, aurait-il atteint son zénith à 31 ans ? Dominic Thiem, qui lui ressemble, mais a cinq ans de moins, semble sur une bonne voie pour le remplacer. Mais Nadal, qui vient de fêter ses 32 ans, est toujours là, avec ses tics, ses manies et sa farouche énergie.

Pour combattre Thiem, dont les yeux bleus s’accordent à son maillot, Alexandre Zverev avait adopté une tenue brique pilée, comme pour se fondre dans la surface de jeu. Mal lui en a pris, il a dû baisser les bras.

                                                                       

Zverev.JPG

Puisqu’on parle des tenues vestimentaires de ces messieurs, voyons du côté des filles. Son incroyable combinaison de contention a porté malchance à Serena Williams, la privant et nous privant d’une confrontation très attendue avec Sharapova. Cependant on a retrouvé la Russe en quart de finale, après deux années de suspension due au dopage, fidèle à elle-même, avec ses ciclées (pour parler genevois) et son élégance.

                                                                     Décibels

A ce propos, on pourrait organiser un championnat de hurlements. Il n’est pas certain que Sharapova le gagne. Elle a de nombreuses rivales dans la statistique des décibels. Chez les hommes également. Nadal gagnerait peut-être aussi sur ce plan-là. Les braiments de Djokovitch ne font pas le poids.

Un autre championnat semble poindre à l’horizon, chez les hommes seulement : celui des barbes les mieux taillées. Le gentil géant Del Potro qui n’a pas résisté aux assauts de Nadal se trouverait là en meilleure position.

23:05 Publié dans Genève, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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