02/10/2018

Un jardin idéal

Les habitants de Meyrin ont à leurs pieds un magnifique Jardin alpin dont ils profitent encore trop peu. Le nouvel aménagement, dirigé par Véronique Favre, inauguré cet été, a été remarqué dans le palmarès des Distinctions romandes d’architecture et il le mérite.

 


Quel délice que de se promener sur les pelouses ou sous les cèdres, séquoias, chênes et érables, de s’asseoir sur les bancs et de jouir d’un calme à peine entrecoupé par les avions – qu’on finit par ne plus remarquer.

Lorsque le propriétaire Amable Gras, négociant genevois (ne pas confondre avec le compositeur français du même nom), entreprit sa création au début du siècle, il ne se doutait pas de la proximité d’un aéroport. Le marchand de tissu, originaire des Hautes-Alpes, ne se souciait que de la terre. Mais à sa mort, en 1952, les deux mondes coexistaient.

Amable.JPGAmable Gras en 1932

A toutes les entrées, nommées d’après les montagnes environnantes, Jura, Salève et Dôle, des bornes en bois expliquent les lieux et nous guident. Une serre recueille d’innombrables plantes. Un puits alimente le Nant qui se jette dans une mare où sautent des grenouilles.

                       

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La Chèvrerie accueille des races rares : dans un enclos, des chèvres bottées voisinent sans conflit avec des poules huppées d’Appenzell. (Chèvrerie, mot neuf, comme porcherie ! On ne dit pas vacherie ni chevalerie, mais pourquoi pas ?)

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Il faut parfois abattre des arbres, vieux et dangereux. Les jardiniers les recyclent. Un genévrier a été taillé à la hache pour servir de sièges.

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Au cours de l’été plusieurs artistes ont été invités à présenter leurs œuvres. L’exposition est finie, mais il en reste une, saisissante, Beauté extérieure, de Sylvain Meyer et Jan Reymond.

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Cette sphère en billes de sapin, qui rappelle le Globe de l’innovation du Cern, a l’air tombée du ciel ; elle ravit par sa rondeur, sa couleur, sa perfection. Mais elle veut nous effrayer : en y pénétrant, on est frappé par des sortes de lames, marquées de touches de couleur, qui ressemblent à des gratte-ciel envahissants. Pourtant, loin d’être effrayé, on est émerveillé !

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Sylvain Meyer, artiste du paysage, avait déjà emballé le public avec son intervention au Jardin botanique en 2017. Son compère Jan Reymond se fait connaître par ses recyclages de livres dont les empilements ne sont pas éloignés de ceux qui emplissent le globe du Jardin alpin.

Il faut se hâter d’aller voir, car on va peut-être perdre la boule. Elle est en attente de vente !

Il y a d’autres raisons de se rendre au Jardin alpin. Le samedi 6 octobre, Odile Rodriguez, spécialiste des odeurs, expliquera comment créer des cosmétiques naturels. D’autres conférences ont lieu les samedis après-midis ainsi que les jeudis soirs dans la Maison du jardin, tandis que le Cairn accueille des artistes et des manifestations culturelles.

Parmi les règles du Jardin, il en est une qu’il ne faut pas oublier: les chiens n’y sont pas les bienvenus!

 

18:05 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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