21/10/2018

Les cloches de Plainpalais

Après un long silence, le clocher du temple de Plainpalais a repris ses fonctions.


Ce dimanche 21 octobre les cloches rappelaient aux fidèles que le culte protestant débutait à 10 h. 30 au temple situé à l’extrémité de la plaine de Plainpalais, au carrefour des 23 cantons.

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Au début de juin un énorme orage avait frappé le quartier et la foudre s’était abattue sur le clocher, fracassant le système électrique qui actionne le mouvement de l’horloge et des cloches. Ailleurs, à proximité, des habitants avaient subi des dégâts similaires, mettant à mal ordinateurs et téléphones.

Il a fallu plus de quatre mois pour remédier à la situation. Pourquoi cette longue attente ? La Ville de Genève est responsable du fonctionnement de l’horloge, mais elle ne pouvait rien faire sans l’inspection des assurances.

Pendant tout ce temps, les aiguilles avaient été arrêtées à 12 h. Une autre pendule municipale toute proche, à l’angle du boulevard du Pont d’Arve et de la rue Henri Christiné, a, elle aussi, battu la breloque pendant des mois. Elle est encore assez déréglée. Au moment où, ce dimanche, le temple marquait 10 h. 30, elle n’affichait que 10 h. 24. Les Plainpalistains sont mal barrés.

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Au cours de la semaine précédente, les cloches du temple ont sonné de manière inhabituelle : elles étaient testées pour leur remise en action. Lorsqu’on les entendit un jour en début d’après-midi, une jeune fille s’exclama : « c’est sûrement un mariage ! ». Une vieille dame pensa qu’il s’agissait peut-être d’un enterrement. Comme on voit la vie différemment selon l’âge !

Rappelons que le temple a été construit en 1846-1847 par Jean-Pierre Guillebaud en style néo-gothique et agrandi en 1893-1894 par Jean-Louis Cayla dans le même style.

Quant à la rue Henri-Christiné, elle porte le nom d’un compositeur né à Genève en 1867 et mort à Nice en 1941 qui connut un triomphe avec son opérette Phi-Phi, sur des paroles d’Albert Willemetz, dont la première eut lieu le 11 novembre 1918. On lui doit d’autres opérettes, notamment Dédé, et d’innombrables chansons.

A propos d’horloge, je voudrais en mentionner une qui est affichée à Londres, au musée Tate Modern, jusqu’au 20 janvier. The Clock de Christian Marclay est un montage d’images présentant des pendules dans le monde entier sur une période de 24 heures. Le spectateur peut y passer des heures ou quelques minutes à réfléchir au temps qui passe.

11:37 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Sans vouloir être un rabat-joie, je dois mentionner ma visite en Thurgovie à ma tante. Je n'ai pas dormi de la nuit en raison du clocher qui sonnait tous les quart d'heures.
Depuis j'ai gambergé sur la question qui est assez vaste car elle englobe autant les cloches pendues au cou des vaches que les minarets et le chant des muezzin.
Je vous laisse imaginer mes conclusions provisoires...

Écrit par : Pierre Jenni | 21/10/2018

Très bonne nouvelle, le son des cloches est dans notre ADN!

Écrit par : Dominique Degoumois | 21/10/2018

Et dans la même veine voici "Les Cloches de Genève" de Franz Liszt, vers 1837:


https://www.youtube.com/watch?v=hWlxFwxc7RE

Écrit par : Arthur | 22/10/2018

Bonjour Madame,

A propos de Christiné que vous citez dans votre billet, saviez-vous qu’il n’était pas uniquement compositeur mais également parolier ? Il est l’immortel auteur de la fameuse Tonkinoise (Ma Tonkiki, ma Tonkiki, ma Tonkinoise…) qui fit s’esclaffer nos grands-parents et monter plus tard aux barricades de l’anticolonialisme leurs enfants qui prennent tout au sérieux… Le succès fulgurant de Phi-Phi doit aussi beaucoup à la date providentielle de la Première, le 12 novembre 1918, le lendemain de l’Armistice, aux Bouffes-Parisiens. On comprend l’envie de nos aïeux d’entendre autre chose que des marches militaires et les sirènes d’alerte avertissant les bombardements de la Bertha… L’opérette fit un tabac, sur un thème farfelu (un vaudeville chez M. et Mme Phidias, sculpteur grec de son état…). On peut encore voir dans le foyer du théâtre une reproduction de l’affiche originale annonçant une reprise. Il faut la prendre pour ce quelle est, ne pas espérer y trouver la flamboyance puccinienne du « Gianni Schicchi », opéra comique composé à la même époque… Christiné ne jouait pas dans la même catégorie, mais connaissait les ficelles du genre. Il en est resté un ou deux airs repris plus tard par des chanteurs fantaisistes comme Bourvil (entre autres « Les Petits Païens », remarquable ode à la plastique féminine, qui serait mal venue à notre époque où règne la pornographie mais où les faux-culs sont majoritaires, pour reprendre une expression de Tonton Georges qui ne dédaignait pas de chanter ce répertoire à ses moments perdus…).

https://www.youtube.com/watch?v=2yzqWHzGoAE

Hasta pronto.

Écrit par : Gislebert | 23/10/2018

Un addendum, histoire de compléter la notice du commentaire, qui n’a pas passé la rampe du filet Internet et qui concerne « Les petits païens »:

Appellation un brin désuète de ce que l’on désigne habituellement de nos jours par des synonymes imagés ou argotiques. Liste non exhaustive glanée dans le répertoire de notre belle langue "françoise" : nichons, nibards, lolos, flotteurs, doudounes, airbags, pare-chocs, roploplos, avantages, roberts, du monde au balcon, jumeaux, loches et j’en passe, conscient de risquer gros avec l’escadron de choc des féministes à l’affût…

Écrit par : Gislebert | 28/10/2018

Votre connaissance de la langue me ravit!
J'avais l'intention de consacrer quelques lignes à Christiné, mais vous m'avez presque coupé l'herbe sous les pieds.

Avant Paris, Christiné a commencé sa carrière genevoise dans un café-concert appelé le Casino de l'Espérance, qui est devenu le Casino Théâtre; la rue portant son nom se trouve précisément au dos de cet établissement toujours en activité.
Mais Henri Christiné avait débuté dans la vie, après une licence en lettres à l'université de Genève, en donnant pendant quelque temps des leçons de grec et de latin dans une école privée. D'où son intérêt pour le Grec Phidias!

Écrit par : Anne | 28/10/2018

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