Parlons français

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On arrive au bout de la Semaine de la langue française et de la francophonie, qui s’est déroulée du 16 au 24 mars. Donc, pour parler français, non une semaine – qui dure sept jours – mais une neuvaine – qui dure neuf jours, avec tous les rituels afférents.

Sachons trouver les mots exacts.

 

Lorsque l’on se bat pour la langue française, on a souvent tendance à mépriser les apports régionaux. Le français est parlé par 300 millions de personnes sur tous les continents, 5e langue parlée au monde et 4e sur internet.

N’ayons pas honte.

Bientôt, un Dictionnaire de la francophonie sera mis en place sur internet, sous la direction de Bernard Cerquiglini, l’un des spécialistes les plus ouverts à l’évolution de la langue. Même le Dictionnaire de l’Académie française nouvellement mis en ligne a compté sur l’aide de collaborateurs francophones.

Les écrivains d’origine africaine apportent des expressions qui ne se réfèrent parfois qu’à des situations géographiques précises. Cependant, elles parfument la langue d’une délicieuse saveur. Dans son excellent Petit Pays (Grasset), le Franco-rwandais Gaël Faye, décrivait « un gamin haut comme trois mangues » qui adaptait si bien notre « haut comme trois pommes » européen.

En Suisse romande, on ne veut pas rester à la traîne. Depuis plusieurs décennies, les journalistes se sont groupés dans une Association suisse des journalistes francophones (ASJF) qui a donné naissance à Défense du français (Ddf), en 2004. Ddf est ouverte à quiconque s’intéresse à notre langue. Elle publie un bulletin semestriel dans lequel les membres apportent des contributions éclairantes, plaisantes, utiles.

Défense du français s’en prend principalement aux anglicismes. Sur son site www.defensedufrancais.ch on trouve un lexique qui fournit des adaptations en français pour nombre d’anglicismes ; il tente de se tenir au courant d’un flot qui nous inonde.

français svp.JPG

                          (Autocollant de 10 x 7 cm. pour afficher où l'envie vous en prend.

L’association est présidée par le Neuchâtelois Didier Barberat, conseiller aux Etats, en quelque sorte un porte-voix auprès des autorités. Vice-président, Daniel Favre, ancien directeur de la Radio romande et ancien président de l’ASJF, est la cheville ouvrière et l’âme de Ddf. 

Ddf.jpg

La Feuille de route de Ddf qui porte le nom de J’aime le français en est à son 30e numéro, daté de décembre 2018. On y trouve la trace de nombreux combats et de quelques réussites. Par exemple les changements apportés à l’annuaire téléphonique de Swisscom : ce fut Directories, puis Search.ch et maintenant Local.ch. Victoire !

On y découvre quelques perles. Signalée dans l’hebdomadaire Le Régional pour la région Lavaux-Oron, cette offre d’emploi : Wanted profs de français.

Dans un article intitulé Français maltraité, Corinne Eggly-Naville dénonce des emplois abusifs ou erronés. Dans le chapitre des « tics », elle écrit : « Cette problématique, ça m’insupporte au final. C’est comme la thématique de la dangerosité, c’est juste pas possible. » Combien de fois n’a-t-on pas entendu ce genre de boursouflures. Ainsi les « cas d’école » qui ne sont que de simples cas.

Jolie phrase sous l’intitulé Helvétismes : « J’ai déguillé dans une montée qui venait d’être poutzée avec une panosse ; j’irai faire un clopet avec une lavette sur le front ; j’habite au contour… »

Savez-vous que Genève est le seul canton qui, ayant inscrit dans sa Constitution que le français est la langue officielle, ajoute que l’Etat promeut l’usage de la langue française et en assure la défense ? Cette adjonction est à mettre au compte de Ddf.

N.B. Association Défense du français, 1000 Lausanne

        www.defensedufrancais.ch

       Cotisation annuelle : 40 fr.

En guise de dessert, je vous offre un texte qui m’a été envoyé par une professeur de français de Paris, à l’occasion de la crise des gilets jaunes.

 

                                                     Crise ou Not crise ? 

Les problèmes des boulangers sont croissants….

Alors que les bouchers veulent défendre leur beefsteak,

Les éleveurs de volailles se font plumer,

Les éleveurs de chiens sont aux abois,

Les pêcheurs haussent le ton !

Et bien sûr, les éleveurs de porcs sont dans la merde,

Tandis que les céréaliers sont sur la paille.

Par ailleurs, alors que les brasseurs sont sous pression,

Les viticulteurs trinquent,

Heureusement, les électriciens résistent.

Mais pour les couvreurs, c’est la tuile

Et certains plombiers prennent carrément la fuite.

Dans l’industrie automobile, les salariés débrayent, dans l’espoir que la direction fasse marche arrière.

Chez EDF, les syndicats sont sous tension, mais la direction ne semble pas au courant.

Les cheminots voudraient garder leur train de vie, mais la crise est arrivée sans crier gare.

Alors….. les veilleurs de nuit, eux, vivent au jour le jour.

Pendant que les pédicures travaillent d’arrache-pied,

Les croupiers jouent le tout pour le tout.

Les dessinateurs font grise mine,

Les militaires partent en retraite,

Les imprimeurs dépriment,

Les météorologistes sont en dépression,

Les prostituées se retrouvent à la rue.

Amis, c’est vraiment une mauvaise passe.

Mais rarement les banquiers perdent au change !

Lien permanent Catégories : Langue française 14 commentaires

Commentaires

  • " ajoute que l’Etat promeut l’usage de la langue française et en assure la défense ?...."

    L'État... mais pas certains blogueurs de ce site, qui "privilégient" le plagiat!

  • Je n'aime guère cette insinuation infondée. De quel plagiat s'agit-il?

  • Ce ne sont pas tant les anglicismes ou même le langage texto et ses abréviations qui menacent la langue française, mais l’inculture des pratiquants, leur absence de fréquentation livresque… Il suffit de relire pour contrôle, comme il m’est arrivé, des textes de maîtrise (de master en bon franglais) pour s’en rendre compte : fautes de syntaxe, contresens du style « n’être pas sans ignorer » pour savoir, des temps non concordants, sans parler de l’orthographe et de la ponctuation parties aux fraises… Le zèle frénétique des méthodologues acharnés à réformer l’apprentissage de la langue à l’école a aussi sa part dans ce déclin. Le vocabulaire s’appauvrit, la grammaire est malmenée par les médias qui devraient montrer la voie.

    Déclin relatif tout de même, pas de catastrophisme, si le français n’a plus la prééminence du temps de sa splendeur - il était encore la langue diplomatique de l’Europe en 1914 -, le naufrage tant de fois annoncé peut encore attendre. On a connu les époques où en fonction des périls géopolitiques supposés, certains préconisaient d’apprendre le russe… Puis ce fut le chinois. Celui-ci reste d’actualité, avec l’arabe. Peut-être que l’avenir est au swahili, au bambara ou à une autre des innombrables langues africaines. Mais non, les Africains immigrés s’adaptent vite aux langues vernaculaires de leurs anciens colonisateurs et l’enrichissent même.

    A l’instar des Québécois dont la langue est savoureuse. Une anecdote pour l’illustrer rapportée par Claude Gagnière dans « Pour tout l’or des mots »: la verge est une ancienne mesure française de longueur (0,91 m) toujours en usage au Québec. Une dame québécoise en visite à Paris voulait acheter du ruban au mètre. Elle s’enquit sans malice auprès du vendeur : « Avez-vous du ruban à la verge ? ». Celui-ci, après avoir avalé sa salive, eut la présence d’esprit de répondre : « Non, madame, je ne pousse pas la coquetterie jusque-là ! ». Moralité le Français qui débarque au Canada a intérêt à consulter un lexique !

  • Bonsoir Anne,

    Vous ignorez donc que nous avons dans cette blogosphère une personne qui plagie Voltaire, Castro, des articles entiers de journalistes, de blogueurs de commentateurs, de Wikipedia, et des citations plagiées a des incultes. Désolée pour mon manque de précision.

    Bonne fin de soirée

  • Correction : "...et LES enrichissent même."
    Comme quoi, quand les correcteurs se plantent...

  • Wep! Lire "à des incultes.... Ce que c 'est que de ne pas se relire!

    Même problème que Gislebert. :)

  • Moi, ce qui m'irrite le plus, ce sont les prononciations vicieuses de nos amis français: Jean-Sébastien Baque ! Leurs "clounes" ne me font pas rire:

    https://dictionary.cambridge.org/fr/prononciation/anglais/clown

    Enfant, j'apprenais à dire un ourS au singulier et des our (sans s final)En cas de mauvaise prononciation: un coup de baguette sur les doigs !

    Il en allait de même pour "jungle" qu'on était prié de prononcer "jongle"...

    Une distinguée linguiste m'assure qu'on peut désormais parler impunément d'ourS au pluriel et se contenter de jUNgle. Quelle jongle:-) !

    A six heures du matin, présentant jadis de la musique classique sur Espace 2, j'avoue que j'évitais de prononcer au micro le nom d'un chef d'orchetre: Rodjesvensky...J'étais meilleur pour "Köchelverzeichnis" pourtant pas si facile non plus...

  • "De quel plagiat s'agit-il?"
    Je propose celui-ci:
    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980

  • "le Franco-rwandais Gaël Faye, décrivait « un gamin haut comme trois mangues »" Mais quel bel hommage à la colonisation et ses bienfaits ! Les manguiers viennent des Indes...

  • ^Pourquoi ne pas dire aussi que, si la mangue vient d'Asie, elle est cultivée dans de nombreux pays francophones, en Afrique de l'Ouest et dans les Antilles. D'où son apparition dans une jolie expression française.

  • J'ai un ami français - qui a bossé 18 ans à la coopération suisse comme ingénieur agronome et chef de projet - qui faisait remarquer que sans la colonisation, les Africains ne pourraient manger que du manioc et de la viande de brousse. Tout le reste a été apporté par les colons...
    Ce qui n'enlève rien à l'inventivité linguistique des Africains francophones. "On s'est fait virguler", "on ne peut plus bièrer en paix",...

  • Si je comprends bien, chez eux c'est "virgulez, il n'y a rien à boire !"

  • Vous avez perdu une occasion pour vous taire. Une fois de plus devrais-je dire. Vous venez de dire une grosse connerie. Je n'ai pas besoin d'avoir un prétendu ami agronome pour connaître l'Afrique qui, je vous le rappelle, est un continent comptant à ce jour 54 pays avec des climats très différents. J'y ai travaillé et vécu, aussi bien en Afrique australe qu'en Afrique de l'est et centrale pendant dix ans. Le régime alimentaire en Afrique était très diversifié avant la colonisation. Il a été précisément bouleversé par les colons. Il y a des études étayant cette thèse notamment au Congo avant et après la colonisation belge. Pour s'en convaincre il vous suffit de lire plutôt de que de vous enferrer dans vos convictions à 2 dirhams.

  • Jean Favre@ Je ne suis pas agronome mais je me suis fié aux dires de ce collègue français, aux compétences reconnues par beaucoup de monde. Il a entre autres dirigé le plus grand projet de développement de l'Union européenne, qui a eu lieu à la chute du communisme en Russie. Il occupait à Tiumen le bureau où se trouvait la momie de Lénine durant la guerre, c'est vous dire...
    Maintenant, vous êtes bien gentil mais vous n'apportez rien au débat. Dites-nous donc ce que mangeaient les Africains avant la colonisation ? Pour votre information, le mil et le sorgho leur ont été amenés par les Égyptiens...

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