Une artiste exceptionnelle

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L’œuvre d’une artiste exceptionnelle est actuellement présentée dans deux galeries genevoises. C’est la première fois en Suisse qu’une exposition personnelle lui est consacrée : on peut enfin découvrir Michal Rovner.

Après une brève apparition à Art Genève cet hiver, elle revient à la galerie Pace (ouverte il y a une année) au quai des Bergues, et à l’Espace Muraille, au flanc de la Vieille Ville.

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                                                           (Photo Daniel Tchetchick)

Michal Rovner, née à Tel Aviv en 1957, est active dans plusieurs domaines artistiques, dessin, gravure, vidéo, sculpture, multimédia. Elle travaille entre Israël et New York, mais elle est sollicitée dans le monde entier pour ses installations. Sa première exposition d’envergure a eu lieu à l’Art Institute de Chicago en 1993. Depuis lors, elle est invitée dans les plus grands musées. Elle représente Israël à la Biennale de Venise en 2003. En 2011, ses sculptures se dressent dans la cour du Louvre.

Son art est si multiforme qu’on a peine à le définir. Pour s’en faire une idée, vous pouvez consulter le site de la galerie Pace qui la représente depuis 2003 : https://www.pacegallery.com/artists/405/michal-rovner

A Genève, ce sont principalement des vidéos qui nous la révèlent.

Il faut les regarder aussi bien de près que de loin. A distance, on est plutôt frappé par les superbes coloris, par la construction de l’image. Mais lorsqu’on s’approche, on discerne le mouvement, l’intensité et sa signification. L’abstrait est humanisé en quelque sorte.

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Untitled 18, détail, vidéo sur écran, 2019

Sur d’immenses paysages parfois désertiques, de minuscules personnages se déplacent sans arrêt, inlassablement, sans but dirait-on. Métaphores pour des migrations de populations très actuelles.

Des chaînes d’êtres humains sont regroupées pour former des images ressemblant à des manuscrits anciens, des textes arabes ou des hiéroglyphes. Rovner se situe ainsi dans une tradition.

Sublimation de la réalité actuelle et historique lorsqu'elle superpose deux époques en utilisant des techniques d'aujourd'hui sur les données du passé.

Parfois, la vidéo est inscrite sur des pierres, ce qui correspond parfaitement au lieu où elles sont projetées, cette Espace Muraille, creusé dans une cave de la rue Beauregard. Comme le dit Caroline Freymond, fondatrice de la galerie: "Michal Rovner a l'art de faire parler les pierres".

 

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Terrain, 2011, pierre avec vidéo

Parfois, de grands personnages s’imposent progressivement sur des paysages mouvants et émouvants.

« Je ne cherche pas à ignorer la réalité ni à m’en éloigner, a dit l’artiste, mais à détecter quelque chose au sujet de la réalité qui se cache sous les détails, sous l’histoire. »

« Derrière chacune de ces figures anonymes, il y a une personne, un individu, qui a dû s’éloigner de sa réalité, de sa maison, de ses origines, et se déplacer sur des routes difficiles et inconnues pour chercher sa place », a expliqué Michal Rovner.

 

Evolution, Galerie Pace, quai des Bergues 15-17, jusqu’au 18 avril 2019

Dislocation, Espace Muraille, place des Casemates 5 (reconnaissable à son vantail rouge), jusqu’au 4 mai 2019

 

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Commentaires

  • " et une partie de ce peuple est juste moi"

    https://www.youtube.com/watch?v=kc3m5sRRnq0

    La première vidéo: "Installation de la vidéo au Musée du Louvre"
    ne laisse pas indifférent. Elle est chargée d'histoire: Pyramide, déplacement de foule, mur... ! C'est très fort! Merci Anne de ce partage.

    https://www.pacegallery.com/artists/405/michal-rovner

  • "Une partie de ces gens, personnes, est juste moi "

    Une artiste exceptionnelle et H u m a n i s t e (je me comprends).

  • A ma grande honte (bon, n’exagérons rien), j’avoue avoir jeté un coup d’œil distrait à une expo qui lui était consacrée au Louvre, en passant à l’occasion de la visite d’une autre expo « Rembrandt et la figure du Christ » en 2010 ou 2011, faudrait retrouver le catalogue.

    Evidemment, entre Rembrandt et elle, dans mon esprit, il n’y avait pas photo… Elle projetait entre autres des vidéos sur le mur médiéval de Philippe-Auguste, on voyait des petits bonshommes s’activer comme une procession de fourmis, en ombres chinoises, c’était bien fait et intéressant. Et elle avait fait monter des murs de pierres dans la cour… Que de symboles, de là à s’esbaudir…

    Bon, vous l’aurez compris, l’art contemporain, je n’y entends rien. C’est comme la musique sérielle, cela ne m’a jamais fait vibrer. Mea culpa, manque de curiosité, trop con, trop formaté sûrement. J’apprends dernièrement, en lisant un cahier du « Monde », qu’elle a fait partie d’un panel d’artistes israéliens dont les œuvres ont été exposées à l’occasion d’une « Saison France Israël » l’an passé, ce qui n’a pas manqué de déclencher le tir nourri de l’artillerie de certains critiques parisiens pour d’évidentes raisons politiques, eu égard à la politique de Netanyahou dans les territoires occupés. Accusant ces artistes d’en être des complices.

    Curieux de voir les réactions à Genève, si réactions il y a.

    http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2018/06/04/saison-france-israel/

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