Stupéfiante plongée dans la Genève d'autrefois

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Harnachés comme des plongeurs sous-marins, quatre intrépides voyageurs se transforment en marionnettes pour revisiter la Genève du passé. C’est l’expérience inouïe que l’on nous propose à la Maison Tavel.

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Les visiteurs en diligence devant la cathédrale Saint-Pierre (cop. Artanim)

A partir du magnifique Relief Magnin perché dans les combles de Tavel, et grâce à la technique d’Artanim dont je vous épargnerai les détails (car je n’y comprends rien), la ville de 1846, peu avant la démolition des fortifications, a repris vie.

Nouvelle version du train fantôme dans les champs de foire, cet itinéraire est fascinant.

Une superbe calèche vous promène dans les rues, passant de la porte de Rive par le Bourg de Four, la cathédrale Saint-Pierre, la Grand-Rue, la Fusterie, vers le Molard. On y croise une population qui vaque à ses occupations. Devant la Maison Tavel, à côté des canons, un bonhomme un peu simplet, gesticule. Des marchands présentent leurs fruits et légumes.

Parfois, la calèche nous secoue, mais le cheval poursuit vaillamment son chemin. Le crottin visible sur une place prouve l’existence d’autres chevaux, ainsi que d’autres animaux, dans les rues de la ville.

En route, la visite des bureaux du Journal de Genève, moins encombrés que ceux d’un quotidien d’aujourd’hui, permet d’entendre James Fazy et le général Dufour discuter sur la situation explosive. En effet, un peu plus loin, on est brusquement étourdi par le bruit des canons, l’odeur de la poudre, et la fumée environnante. La révolution est en marche.

Pour y échapper, une montgolfière arrive à point nommé et nous emmène au-dessus de la ville, dans le futur. Un avion et l’aéroport au loin laissent deviner la Genève actuelle.

La boucle est bouclée, puisque, au début de notre périple, nous étions sur le Salève, contemplant la nature, le lac et la ville.

Les effets de lumière, avec les levers et couchers de soleil majestueux, les odeurs, la brise qui nous fouette le visage, les objets, tantôt réels, tantôt virtuels, tout cet environnement nous désoriente et nous déstabilise. Par exemple, quand on entre dans la diligence, on peut toucher la portière, on s’assied sur de vrais bancs, mais tout le reste n’est qu’illusion. La main se meut dans le vide. L’entrée et la sortie dans ce monde virtuel sont particulièrement troublantes.

Maintenant que, conquise, j’ai en quelque sorte maîtrisé la situation, j’y retournerai certainement pour découvrir tous les détails qui ponctuent cette stupéfiante création.

Attention, monde fictif affolant! Nous laissons-nous embrigader dans un univers illusoire, policé ? Sommes-nous si facilement manipulés par la technique que nous pouvons perdre le contact avec la réalité ? Ici, l’expérience est bienveillante, mais on peut imaginer combien ce genre de transformation peut être utilisé à mauvais escient. Nous quatre, sagement assis dans notre berline, nous aurions pu être attaqués, nous aurions pu nous disputer, le sang aurait pu gicler.

Alors que tant de spectacles virtuels font l’apologie de la violence, on est heureux d’assister là à un imaginaire apaisant.

https://www.youtube.com/watch?v=pGrB3DUtnEM&t=14s

La promenade ne dure qu’un quart d’heure, mais la mise en condition, l’installation des capteurs aux pieds et aux mains, du sac à dos contenant un PC, des lunettes et du casque prolongent la durée. Comptez environ une heure. Sachez que chaque visite ne peut accueillir que quatre personnes.

Il est nécessaire de réserver sur : mah-geneve.ch

Maison Tavel

Rue du Puits-Saint-Pierre 6

Du 13 avril au 14 juillet 2019, de 11 h. à 18 h. Fermé le lundi.

Entrée : 10 fr.

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