Federer sur le fil

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Je ne peux résister au plaisir d’ajouter un commentaire à ceux des millions d’amateurs de tennis qui ont suivi avec enthousiasme, admiration, stupéfaction et finalement tristesse, ce fabuleux tournoi de Wimbledon.

Résultat final entre Novak Djokovic et Roger Federer : 7-6, 1-6, 7-6, 4-6, 13-12.

Se faire battre dans un jeu décisif après 24 jeux de la cinquième et dernière manche, une règle nouvelle, que seul des quatre organisateurs de grand chelems, le All England Lawn Tennis and Croquet Club, applique, quelle déception !

Le jeu décisif final, traduction de tie break, est une loterie, presque semblable aux tirs au but qui départagent les équipes de football après le temps réglementaire.

Le tie break, c’est, littéralement, la rupture d’égalité. Rupture, en effet. Roger Federer a été rompu. Trois fois de suite, puisqu’il a perdu les trois jeux décisifs de cette rencontre alors qu’il gagnait deux manches sans équivoque. Était-il moins solide mentalement, aux moments clés, que son adversaire ? Novak Djokovic était-il plus sûr de lui, plus persuadé que, avec son palmarès, son âge, sa force physique, il devait l’emporter ?

Et pourtant, il n‘a tenu qu’à un coup du mauvais côté, un service mal jugé, selon Federer lui-même, pour que la victoire bascule dans l’autre camp. Le Serbe, qui passe pour le meilleur relanceur du circuit, avait toutefois été déjà pulvérisé de nombreuses fois par les services du Suisse.

                                                    Des styles différents

La différence essentielle entre les deux champions réside dans leur approche et leur style de jeu. Créatif, pour Federer, réactif pour Djokovic. Jeu d’attaque et jeu de défense.

La rencontre est passionnante parce qu’on a envie de savoir qui va gagner, mais sur le plan proprement esthétique, la partie n’a pas offert autant de coups extraordinaires et spectaculaires que la demi-finale entre Roger Federer et Rafael Nadal.

Ceux-ci aussi jouent un tennis très différent, plus lourd et agressif chez Nadal, plus léger et chorégraphié chez Federer. Tous deux sont cependant aussi imaginatifs l’un que l’autre. Leur affrontement en devient plus intéressant, plus beau et plus passionnant encore.

                                                    Les différences d’âge

Contrairement à ce que leurs différences d’âge auraient pu laisser prévoir, il semble que la force physique n’ait pas manqué au plus âgé d’entre les trois champions. Au bout du compte, il ne paraissait pas plus fatigué que les deux autres.

Lors de la finale féminine, on a aussi trouvé une opposition de style. Agressif chez Serena Williams et défensif chez Simona Halep. La défense a triomphé de l’attaque.

Cependant, dans ce cas, l’âge et la forme physique ont joué un rôle prépondérant. Une décennie les sépare : Serena a le même âge que Federer, mais Simona a dix ans de moins. En outre, Serena, ayant donné naissance à une petite fille, a dû interrompre son entraînement pendant plusieurs mois. Quoique corpulente, elle se déplace pourtant relativement bien, mais Simona court comme un lapin. La Roumaine pourrait s’aligner sur un 100 mètres à côté des étoiles de l’athlétisme ! Elle s’élance sur toutes les balles. Sa vitalité a réussi à annihiler la créativité de l’Américaine.

Survivre à une défaite aussi humiliante (6-2, 6-2), est-ce possible ? Serena Williams va-t-elle continuer à se confronter avec les jeunes générations ? Probablement, à en juger par sa sœur aînée Venus qui n’a pas honte de poursuivre une carrière ébréchée par les insuccès.

Quant à Roger Federer, notre champion fédéral, le superbe et valeureux héros, on espère revoir souvent son admirable jeu, son comportement exemplaire et son inventivité.

Il va certainement encore bondir et rebondir.

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