Passionnés de tennis

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Faut-il être passionné de tennis pour rester enfermé pendant trois jours dans une halle immense, bruyante et lugubre !

Des milliers de fanatiques venant de tous les continents, ont payé des milliers de francs pour admirer leurs idoles.

 

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D’autres, des mordus aussi enthousiastes, mais plus détendus et moins dépensiers, ont participé à la fête dans les marges, dans ce qui a été appelé la « fan zone », zone des fanatiques. Fanatiques de seconde zone… 

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Et puis il y a ceux qui, devant leur petit écran, ont suivi les combats avec tout autant de frénésie.

Bref, de quelque façon que ce soit, les amoureux du tennis se sont passionnés pour la Laver Cup qui s’est déroulée du 20 au 22 septembre à Palexpo-Genève.

J’en étais.

Ayant décidé de ne pas casser ma tire-lire, je me suis contentée, plutôt que de rester clouée devant ma TV, de passer quelques heures au contact de mes semblables dans la fan zone. (Prix : 15 fr.)

Un immense écran et une sonorisation fidèle nous maintenaient en contact avec les événements sur le terrain.

Des chaises longues, comme sur l’esplanade de Roland Garros, permettaient de contempler les matches en toute détente. Elles étaient très convoitées, forcément. Les gradins avaient moins d’attrait, certes, mais on voyait aussi bien.

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On n’était pas vissé à son siège et on pouvait bavarder entre nous sans risquer de troubler les joueurs. Le « off » était presque mieux que le « on », pour reprendre les catégories des festivals.

La halle était remplie de stands de nourriture, de boutiques de marchandises liées à la Laver Cup – une casquette à 36 fr. par exemple -, un emplacement pour enregistrer la vitesse de ses « aces », d’autres pour jouer au mini-tennis. On découvrait le moyen de recycler les vieilles balles de tennis : un superbe fauteuil, pas très confortable mais impressionnant.

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On pouvait participer à l'élaboration d'un immense portrait de Federer en pixels.

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Ces activités devenaient brusquement bondées lorsque, à la fin d’une session, les possesseurs de billets déferlaient dans notre zone. 

Sur la terrasse, sous tente, le bar et les tables de pique-nique accueillaient les occupants des deux zones, sans distinction. C’est là que j’ai constaté le « fanatisme » des détenteurs de places autour du court de tennis. Une dame qui mangeait sa saucisse grillée avec entrain m’a raconté qu’elle était venue avec son mari en avion d’Allemagne. Qu’ils n’avaient pas vu les rues de Genève, pas même le Jet d’eau, et qu’ils passaient les trois jours à Palexo. « Nous reviendrons une autre fois », a-t-elle promis. L’économie touristique de Genève en bénéficiera peut-être quand même.

 

Sur le plan sportif, le spectacle était brillant et valait le déplacement. Les Bleus, le groupe Europe, devaient défendre leur titre et les Rouges, le groupe Monde, les défier.

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Le résultat final s’est fait attendre jusqu’au dernier quart d’heure. Ce n’est pas Federer qui a marqué le point de la victoire, mais l’Allemand Sascha Zverev. Peu importe. L’Europe a gagné une fois de plus.

Quoique la dernière journée ait été source de quelques déceptions. La paire de double que chacun espérait – Federer-Nadal - n’a finalement pas joué, Nadal s’étant blessé. Mais le Grec Tsitsipas l’a magnifiquement remplacé. De même, le forfait du turbulent Kyrgios a privé le jeu d'un peu de piment, quoique l’Australien ait soutenu  et animé son camp depuis le banc.

Les capitaines ont surpris. Borg était censé diriger les Bleus. Or il a mérité son surnom de Ice Borg : il ne bronchait pas, se contentant d’applaudir parfois, et laissait Federer ou Nadal encourager et conseiller leurs coéquipiers. Quant à McEnroe, on aurait attendu quelques sautes d’humeur dont il était si coutumier dans sa jeunesse. Mais non, il a joué son rôle de capitaine des Rouges avec sérieux.

Le règlement ne permettra plus à l’un ni à l’autre de poursuivre sur ce plan. Après Prague, Chicago et Genève, d’autres capitaines prendront la relève pour le prochaine Coupe Laver à Boston.

Maintenant, que faut-il penser de cette compétition ? Il paraît qu’on murmure dans les clubs. Est-ce truqué ? Ne cherche-t-on qu’à faire du fric ? Le public en a-t-il eu pour son argent ? En tout cas, ce furent trois journées de grande tension et de grand tennis.

Lien permanent Catégories : Air du temps, Sport 1 commentaire

Commentaires

  • Les sports !!!

    C'est un peu comme le reste, à petites doses, après ça tourne vite, je ne dirais pas fanatisme, mais quelque chose de ressemblant.

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