Rhin serein

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De Bâle à Amsterdam et retour, j’ai navigué sur le Rhin, majestueux et serein, découvrant des paysages paisibles, des zones industrielles, des villes pleines d’Histoire et des icônes.

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L’équipage du bateau à pavillon suisse ne comptait pas un Helvète – le capitaine était hongrois et la moitié du personnel, indonésien. Mais les passagers venaient tous de Suisse, heureusement quelques-uns de cantons romands, car vraiment, les dialectes alémaniques me sont incompréhensibles.

Pour vous faire partager mon voyage, je choisirai des échantillons, sans aucune prétention à l’exhaustivité. Des images qui m’ont surprise, qui m’ont fascinée.

Sur le premier tronçon, de Bâle à Strasbourg, barré d’une dizaine d’écluses, le trafic est peu abondant, il le sera davantage à mesure qu’on descend le fleuve. Trafic de marchandises, que l’on voit aussi dans les nombreux convois ferroviaires, avec des dizaines de wagons, sur les deux rives. Mais également bateaux de croisière, comme le nôtre, ne mesurant pas plus de 110 m.

                                                                       La Lorelei

Avant de m’y rendre, le Rhin résonnait à mon oreille avec Wagner, Schumann ou Beethoven. Rien de tout cela sur mon navire. Le pianiste, à qui je me réjouissais de demander quelques mélodies, est tombé malade le deuxième jour, a été évacué et on ne l’a plus revu, le pauvre. Un professeur, qui nous expliquait l’histoire des châteaux rhénans, a cependant fidèlement chanté la Lorelei, ce texte de Heinrich Heine sur une musique de Friedrich Silcher.

Je ne vous raconte pas l’histoire, sinon que la fameuse statue se trouve au ras de l’eau alors que la sirène, dont le chant répercuté par l’écho attirait les marins, était juchée sur le rocher, à  132 mètres de hauteur, dominant l’un des passages les plus étroits du fleuve. Aujourd’hui, seul un drapeau indique l’endroit, sur la colline. Sur l’autre rive, un terrain de camping est rempli de voitures dont les occupants espèrent peut-être se laisser séduire par le chant de la Lorelei.

Les statues sont souvent des cartes de visite pour les sites où on les installe. Celle de la Lorelei rappelle la petite Sirène de Copenhague.

                                                             Coblence

Coblence se distingue aussi par une statue : le Koblenzer Schänkel qui fait penser au Manneken Pis de Bruxelles. Mais le gamin de Coblence crache, lui ; toutes les minutes il fait jaillir l’eau horizontalement à près de trois mètres. Sur la photo aimablement transmise par l’une de mes co-passagères, Annette Cuendet de Sainte-Croix, on distingue mal le crachat, l’eau étant transparente, comme la photographe me l’a fait justement remarquer ! Mais regardez bien, vous verrez peut-être quand même le début du crachat.

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Coblence inspire d’autres photos : le Deutsches Eck, jonction du Rhin et de la Moselle,vu à partir de l‘imposante citadelle d’Ehrenbreitstein que l’on atteint par un téléphérique.  Là aussi, il faut bien regarder si l’on veut voir la couleur brune de la rivière se mêlant au bleu du fleuve, comme à Genève, lorsque l’Arve se jette dans le Rhône.

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                                                                   Düsseldorf

A Düsseldorf, plusieurs bâtiments attirent l’attention. Au bout de la fameuse (Kölnische Allee), l’allée commerçante principale s’achève par la Kö Bogen, bâtisse sillonnante imaginée par Daniel Libeskind, l’architecte américain d’origine polonaise. Des tranchées végétales, creusées dans les façades, donnent une impression de légèreté à l’ensemble.

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L’autre grand architecte américain Frank Gehry y a aussi laissé son empreinte au Neuer Zollhof que l’on peut distinguer de la Rheinturm, une tour que l’on voit de loin, au bord du Rhin.

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On peut accéder à la plateforme publique de la tour, à 168 m. de hauteur, par un ascenseur qui nous y entraîne en moins d’une minute.

La tour a été le seul bâtiment public que j’ai pu visiter à Düsseldorf: c’était un lundi, tous les musées – et il y en a plusieurs d’un grand intérêt, paraît-il – étaient fermés. Même la grande basilique Saint-Lambert avait porte close, pour nettoyages.

                                                                     Autres tours

Chaque kilomètre, de grands écriteaux avertissent le navigateur du kilométrage parcouru depuis la source. Ici, km 781, au port de Duisburg.

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Cette cheminée en rappelle d’autres. Celles des usines et des centrales électriques font concurrence aux châteaux romantiques. En voici quelques exemples.

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Platzgratentstein

 

                                                                   Rotterdam

A Rotterdam, on arrive au km 1000. Les tours contemporaines vous coupent le souffle, particulièrement dans le quartier appelé Kop van Zuid (Tête du Sud) qui réunit les ténors de l'urbanisme contemporain. De Rotterdam, conçu par le Néerlandais Rem Koolhaas, le plus grand bâtiment des Pays-Bas, a tant d’angles de vision que j’ai renoncé à le photographier.

Côte à côte, les immeubles de l’Anglais Norman Foster et de la Néerlandaise Francine Heuben brillent par leur pureté architecturale.

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                                                                     Amsterdam

A Amsterdam, je me suis laissé tenter par des architectures traditionnelles. Cet entrepôt du 17e siècle, dans le quartier du Jordaan, transformé en appartements, a gardé le panneau avec le nom de son affectation.

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De nos jours, une autre tradition s'impose, celle du vélo (fiets, qui se prononce "fits").

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Lorsque l’on voyage en bateau, de grandes sections se font de nuit, de sorte que l’on est parfois un peu frustré. Par exemple, je n’ai pu voir le passage entre Rotterdam et Amsterdam. En revanche, puisqu’on faisait l’aller et retour, des portions, manquées à l’aller, sont apparues au retour.

                                                             Baden-Baden

C’est ainsi que j’ai découvert Baden-Baden, ville délicieuse, pleine de parcs, de musées, de thermes, d’églises, d’hôtels somptueux. Je n’y ai pris qu’une photo : le long de la Lichtentaler Allee, cinq jardiniers grattaient le sol pour planter des crocus qui parsèmeront les prés au printemps.

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Commentaires

  • Vous jouez les Filles du Rhin, Anne, la croisière s’amuse avec une majorité de Schlabigetz en goguette, z’avez dû bien vous marrer, ils adorent les Welches… Sans ironie aucune. Cela devait en effet paraître très serein… Point trop Ems flottant ? Ai bientôt l’âge, comme la plupart des commentateurs et blogueurs du reste, je peux me permettre de persifler…

    Evidemment, à zyeuter vos photos de tours, d'usines, toute cette architecture de métal et de verre, pour le lyrisme romantique à la Hölderlin on repassera, belle lurette que les Nixen se sont fait la paire, se sont noyées pour de bon.
    Même sûr que vous n’avez pas vu le bohémien et sa roulotte, son singe et son ours, toute sa smala chère à l’Apollinaire, vrai qu’il pleurait ses amours impossibles. Son poème pour le plaisir (Rhénanes, Alcools, 1913) :

    Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières
    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment
    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

  • Ma sirène à moi...

    Au risque de paraître insolent, autant vous le dire tout de suite: l'excellente et romantique Anne Cendre, parée de sa plume unique, acérée et agile, eût été mieux inspirée en apprenant à lire et à écrire le Schwiizertüütsch et le piano plutôt que de considérer nos compatriotes d'outre-Sarine comme autant de vulgaires "mini habentes". Elle eût pu ainsi remplacer le pianiste de bord défaillant et consacrer son blog à une comparaison linguistique entre: Bischt Du Do gsi ?" et "Bist Du da gewesen"?

    Mais non ! Madame Anne Cendre gaspille son temps libre à de stériles rêveries de navigatrice solitaire, au risque de déplaire à Greta Machin !! Plutôt que de passer de tribord à bâbord pour admirer le paysage selon le cours du navire et l'intérêt des paysages qui se déroulent sous ses yeux ébahis, la voici qui en redemande et fait un aller-retour complet entre les extrémités de Notre Rhin à nous.

    A propos, moi aussi, j'aime les sirènes.. La mienne portait le prénom de E...

    Une exquise blonde domiciliée au 17 de la Lessingstrasse à Düsseldorf. A l'age de 17 ans, je la rejoignais aussi le long du Rhin mais à bord du Rheingold, 1ére classe, train de luxe plus rapide que le rafiot sans âme de notre poétesse--blogueuse... Ma sirène à moi avait vingt-huit ans. J'ai découvert qu'elle était vierge. C'est là un détail mémorable - vous l'avouerez - car ce fut pour moi une première !

    L'ennui, c'est que ma première amante était terrorisée à l'idée que ses voisins de palier découvrissent qu'elle hébergeait clandestinement le jeune puceau que j'étais. Comme l'étage ne disposait que d'un seul et unique lieu d'aisance. elle exigeait que je me soulage soit dans l'évier de l'appartement-studio, soit selon la nature de mes besoins, dans le calorifère à charbon.

    Sans doute pensait-elle sans de l'avouer, que nos péchés seraient du même coup purifiés: donc pardonnés.

    Ich weiss nicht was soll es bedeuten dass Ich so lustig bin:-) ! (jaw)

  • Une opportunité s’ouvre à vous, Anne, qui va sans faillir booster l’audience de votre blog : reprendre le flambeau de feue Ménie Grégoire…JAW trace la voie en confessant ses émois juvéniles avec sa tudesque Mme de Warens. Dommage qu’Anastasie veille, on aurait aimé plus de détails, davantage de précisions… Un encore, JAW, comme l’on demande à la fin des concerts-

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