Beauté pure

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Lorsque vous lirez ces lignes, vous serez en 2020, une nouvelle décennie qui, si l’on écoute les collapsologues, devrait n’apporter que des catastrophes, climatiques, sanitaires, politiques, financières, et autres. Faisons le pari de la résilience et de l’espoir.

Plutôt que de souligner le malheur, découvrez la bonté et surtout la beauté. Même la beauté pure.

Où trouver la beauté pure ?                                                  

Cherchez-là dans la nature.

Je n’écris pas cela pour composer une rime, pauvre par ailleurs. Mais parce que j’y crois.

Regardez ces images, des photographies prises dans le ciel genevois ce printemps 2019.

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Qu’y a-t-il de plus pur ? Le lac et le Mont Blanc, d’une part ; un arc en ciel de l’autre.

Faut-il croire en un créateur divin pour admirer cette beauté pure ? Je vous laisse juge.

Mais en appréciant, en aimant, en découvrant ce que la nature propose, on atteint une forme de bonheur. Il faut avouer que, à cet égard, dans notre région, nous sommes privilégiés.  (A d’autres égards aussi… Passons.)

Il suffit de se promener sur les quais, de monter dans un tram ou un bus en sillonnant le canton, de grimper dans le téléphérique du Salève pour découvrir des paysages extraordinaires. (Dommage que le téléphérique ne fonctionne pas avant la fin janvier.)

Evidemment, il est important de ne pas détruire cette beauté. Et là, vous allez me reprocher de rejoindre les Cassandre. Vous avez raison. Cependant, n’insistons pas uniquement sur le revers de la médaille. Regardons le bon côté.

A part la création de la nature dont nous ne sommes pas responsables, l’humain, et l’animal – allons, faisons plaisir aux antispécistes – peuvent aussi nous apporter la beauté pure.  

(A propos, mon correcteur orthographique ne connaît pas le mot antispéciste, il suggère : antisexiste, antiseptise, antisémite et antipapiste. Voyez comme nous sommes conditionnés par internet.)

Un enfant, un chien, une femme, un chat, un homme, un cheval peuvent être diablement beaux. Je vous laisse allonger la liste.

Et les œuvres d’art ? Lorsque je me balade dans les musées et les expositions, la beauté pure me saisit souvent aux yeux et au cœur.

En feuilletant le livre consacré au peintre genevois Dominique Appia par Hubert Monteilhet et Jean Dethier (Julliard-L’Âge d’homme, 1985) à la recherche de beauté pure, je suis tombée sur ce tableau.

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L’école des femmes, 1981, acryl sur toile

Beauté pure à plus d’un titre : la composition de l’image, classique en même temps que surréaliste, relie le lac à l’horizon exactement à la hauteur de la barrière, un pigeon apporte la note vivante et la reproduction de deux tableaux appartenant au Musée d’art et d’histoire de Genève évoque la beauté féminine. Le premier est le portrait de Sabina Poppaea, épouse de Néron, qui passe pour l’une des plus belles femmes de son temps. L’auteur inconnu appartient à l’école de Fontainebleau. Le second portrait, Femme nue, est une copie d’une toile de Cranach. (On ne trouve actuellement aux cimaises du MAH que le premier tableau, restauré récemment.)

Monteilhet a très bien décrit le style d’Appia : « Appia a établi une alliance équilibrée entre l’ordre nécessaire et l’irrationnel qui ne l’est pas moins ».

Pour un autre exemple de beauté pure, je suis allée puiser dans l’œuvre de Vermeer.

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L’art de la peinture, 1666-1668, (Vienne, Kunsthistorisches Museum)

Dans son splendide Vermeer (Citadelles et Mazenod, 2014), Jan Blanc, professeur à l’université de Genève, décrit ainsi cette toile emblématique : « Ce tableau semble condenser toute l’étendue des talents du peintre delftois : la qualité d’un regard, qui permet d’organiser efficacement l’espace perspectif du tableau, échelonnant les différents plans, distribuant les nombreux objets, variant les matières et les textures ; mais aussi la subtilité d’une invention qui met en abyme, au sein de la scène elle-même, ce qu’est, ou devrait être, l’art de peindre. »

Les couleurs sont d’une grande tendresse au niveau de la jeune femme, plus dures du côté du peintre, dont les bas rouges apportent une note triomphale.

La jeune femme représente Clio, à la fois muse de l’Histoire et muse du peintre que l’on voit occupé à dessiner la couronne de laurier. Elle tient les deux objets qui lui sont propres, la trompette de la renommée et un livre d’histoire. 

                                                                Et la musique

 Si l’on souhaite être plongé dans la beauté pure, rien ne vaut la musique, dont les chefs d’œuvre émeuvent l’âme. Chacun son goût, et je ne vais proposer aucun choix précis. Les critères diffèrent tant et les époques aussi. Chaque siècle a ses génies.

Cependant, je ne vais pas m’empêcher de citer quelques B où l’on peut découvrir des moments de bouleversante beauté : de Bach à Boulez, en passant par Buxtehude, Boccherini, Beethoven, Bellini, Berlioz, Bruckner, Brahms, Balakirev, Bizet, Busoni, Bloch, Bartok, Berg, Bechet, Basie, Britten, Berio.

Et puis, je n’oublie pas deux œuvres sublimes qui ont été interprétées à Genève à deux jours d’intervalle en décembre : Don Giovanni de Mozart et le Messiah de Haendel. Quel bonheur !

Je m’arrête maintenant, pour ne pas me laisser entraîner à prolonger ce texte, qui doit être un simple message de vœux. Pour cette nouvelle année, je vous souhaite beaucoup de beauté pure.

 

P.S. Comme je vais m’absenter quelques semaines, hors des griffes de l’internet, je ferme le guichet des commentaires. Je serai hors circuit. Nous nous reparlerons à la rentrée.

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