Arsenijevic, suite

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Depuis mon blog intitulé « Coïncidences à Marmottan », plusieurs messages m’ont apporté des suppléments d’information sur Drago Arsenijevic, le protagoniste imprévu de ces « Coïncidences », précurseur des pirates de l'air grâce à son père pilote, arrivé en Suisse en 1951 âgé de 19 ans et faisant carrière dans le journalisme.

Drago Arsenijevic a travaillé de longues années à La Tribune de Genève. (Notez que j’inclus La dans le titre, article qui a été supprimé depuis.) Il a été par deux fois envoyé à Paris comme correspondant.  Entre ces deux fonctions, il avait été nommé responsable d’un projet qui n’a pas duré très longtemps, Tribune Editions.

Sous l’égide de Tribune Editions, il collabora à plusieurs ouvrages sur la Guerre 1940-45 et il publia des auteurs locaux, notamment Monique Barbey, dont Tiens-toi comifô fut le premier livre publié.

Le premier ouvrage de Drago, fruit de ses enquêtes personnelles, fut Genève appelle Moscou (Robert Laffont, 1969).

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Réédité chez J.C. Lattès en 1981

 

Le récit de son évasion parut dans Un Voyage oublié (France Empire, 1976).

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Un de ces anciens confrères se souvient : Drago avait un fort accent yougoslave mais il maîtrisait parfaitement la langue française et ne commettait aucune faute d’orthographe.

Après avoir quitté le quotidien genevois, Drago s’installa à Yverdon. Le journaliste Isidore Raposo témoigne : « J’étais alors rédacteur en chef de La Presse Nord vaudois, quotidien auquel il collaborait de manière indépendante, s’occupant plus précisément de sujets économiques, et en particulier du supplément économique. Sa mort m’a d’autant plus touché que je l’avais reçu dans mon bureau quelques heures auparavant. C'était fin 2002 ou 2003. Il avait environ 70 ans.

« Drago était un journaliste brillant et un homme d’une grande éducation. Au moment de la retraite, il s’était replié sur Yverdon-les-Bains pour des raisons financières, la vie y étant moins onéreuse. Il m’avait expliqué que sa rente était limitée, la retraite des cadres de la Tribune de Genève, où il a fait une grande partie de sa carrière, ayant été engloutie dans l’imprimerie. Dans notre région, il a consacré plusieurs livres à des entrepreneurs et entreprises de la région. Il a également collaboré avec l’ADNV (Association pour le développement du Nord vaudois). En 2001, peu avant mon arrivée, année du centenaire de la Société anonyme du Journal d’Yverdon (SAJY), il a consacré un livre à l’histoire du journal. « Il était une fois le Journal d’Yverdon ». Ce livre raconte non seulement l’histoire de ce quotidien régional, mais il le fait en relation avec l’évolution de la presse romande. C’est sans doute l’ouvrage qui résume le mieux l’évolution de la presse écrite en Romandie. »

Un homme de presse, c'était bien l'essence de Drago Arsenijevic.

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