Artisans artistes

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Un globe terrestre géant, un Rousseau qui siffle comme un pinson, un plateau de pierres semi-précieuses sont quelques-uns des objets qui suscitent l’étonnement et l’admiration sur le pont de la Machine dans les nouvelles Arcades des arts.

Le bâtiment du pont qu’a quitté l’Espace Ville de Genève (disons en passant qu’une affiche qui promeut les Sentiers culturels de la Ville ne donne pas la nouvelle référence au boulevard  Carl Vogt 2, mais la précédente) est devenu un centre d’art.

Quartier libre, des Services industriels de Genève, présente  en ce moment des livres illustrés pour la jeunesse.

Fondation Michelangelo

Mais c’est le nouvel espace ouvert par la Fondation Michelangelo pour la créativité et l’artisanat, dont le siège est à Genève, qui nous intéresse aujourd’hui. La Fondation va à la découverte des savoir-faire d’exception. Ses initiateurs sont de grands manitous de l’horlogerie, le Sud-Africain Johan Rupert, président de Richemont et l’Italien Franco Cologni, président de Cartier. Leur première exposition, en collaboration avec la Fondation de la Haute horlogerie, Talents rares, met en évidence une quinzaine d’artisans européens, de véritables artistes.

Des projections de vidéos et un dispositif de réalité virtuelle montrent le travail de ces artisans qui ont choisi des métiers rares, parfois issus de l’horlogerie. Cinq d’entre eux sont originaires de Suisse : l’ébéniste Bastien Chevalier, l’émailleuse pour cadrans de montre Anita Porchet, la miniaturiste Isabelle Villa, le maître horloger Philippe Dufour, et François Junod, l’automatier dont le Jean-Jacques Rousseau chanteur nous enchante.

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Cet automate a été créé selon les dimensions d’une tête humaine. La perruque s’enlève régulièrement pour dévoiler de petits oiseaux chanteurs et mettre en évidence le mécanisme, rouages, ressorts, engrenages. Le tout est constitué d’acier, de polyester, de verre, de toile de chanvre, de cuir d’agneau, de peinture à l’huile et d’un moteur électrique.

Le travail impressionnant de François Junod est illustré dans la vidéo qui le filme au milieu de son atelier rempli d’automates et de pièces surprenantes.

Qui penserait que la fabrication d’une corde puisse être intégrée au monde de l’art ? Ou la production de selles pour des ânes ? Des cordelières norvégiennes ou un sellier grec nous en persuadent.

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Le Churchill, un globe terrestre de 1,27 m. de diamètre, peint à l’aquarelle, qui pivote sur lui-même, est l’œuvre d’un Londonien, Peter Bellerby. Celui-ci raconte dans la vidéo comment il débuta dans cet étrange environnement géographique : en voulant faire plaisir à son père. Son atelier peut désormais répondre aux commandes. Si vous souhaitez une mappemonde personnelle, faite à la main, vous pouvez vous adresser à Bellerby à Londres.

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Le mosaïste italien Leonardo Scarpelli présente un plateau intitulé Naissance d’une étoile, une sorte de marqueterie de pierres semi-précieuses qui tient compte de la forme naturelle des pierres. Constellation de pierres minéralogiques de Labrador, agencée selon un dessin du Français Pierre Marie Agin.

En lançant son initiative en faveur des artisans, John Rupert a déclaré : « Il est temps de remettre l’être humain au centre de nos systèmes ». Phrase symbolique dans la bouche d’un grand patron.

Galerie Pace

Non loin de là, la galerie Pace au quai des Bergues accueille une installation très cohérente de la Bordelaise Nathalie Du Pasquier, dont Irène Languin a bien décrit les contours dans la Tribune de Genève des 8-9 février. L’artiste, qui réside en Italie depuis de nombreuses années, a su intégrer son œuvre dans l’espace proposé et ses géométries colorées s’imposent avec une sorte de dignité.

 

Talents rares, Arcades des Arts, pont de la Machine, jusqu’au 25 mars

Nathalie du Pasquier, quai des Bergues 15, jusqu’au 6 mars   

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