Christo à Genève

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La mort de Christo, le 31 mai dernier, a pris par surprise. On croyait cet artiste immortel.

A Genève, on ne saurait l’oublier. Il y a laissé des traces, dont trois projets d’empaquetages  qui n’ont pas été réalisés en trois dimensions, mais conservés par des gravures : le Jet d’eau, le Mur des Réformateurs et la statue équestre du général Dufour.

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Wrapped Monument to Farel-Calvin-Bèze-Knox "Le Mur de Réformateur" Project for Geneva, 1977

(Photo H. Shunk, New York)

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Projet pour le général Dufour (photo Eeva-Inkeri), 1977

Ces trois thèmes lui avaient été suggérés par Rainer Michael Mason à l’issue d’une exposition itinérante au Musée Rath, en hiver 1975, consacrée au Valley Curtain (Rideau de la vallée) et organisée par Mason (qui deviendra plus tard le conservateur du Cabinet des estampes). Cette installation dans le Colorado survit elle aussi, grâce à ses dessins et gravures.

Christo avait pris la balle au bond et s’y était préparé minutieusement, ainsi qu’il le faisait toujours, avec sa compagne Jeanne Claude Donat de Guillebon. Apparemment, l’emballage du Mur des Réformateurs avait été considéré par certains comme un sacrilège inacceptable et donc irréalisable.  On ne pouvait exiger de Calvin et de ses congénères de se voiler la face, ni du génial général Dufour, bien sûr.

Mais on peut trouver Christo au MAMCO. Son Corridor Store Front, sa vitrine en couloir, qui date de 1967, excite toujours les imaginations par son vide sidéral. L’artiste oppose ainsi l’art à la consommation, démontrant la victoire de la première sur la seconde. Le symbole de la vitrine l’avait inspiré longuement et avait été le thème de plusieurs expositions.

Un collectionneur colognote possède un empaquetage de Barils de pétrole qui date de 1958, à ses débuts, peu après que Christo Javacheff avait quitté la Bulgarie et s’était réfugié quelque temps à Genève dans une famille hospitalière.

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Les barils de pétrole ont d’ailleurs réapparu en 2018 à Londres, lors d’une rétrospective à la galerie du Serpentine dans Hyde Park.

 

On n’en a pas fini avec les projets de Christo. On devrait voir son emballage de l’Arc de Triomphe l’année prochaine, réalisé par les apôtres de Christo.

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Commentaires

  • Nous avons la chance aux Pays-Bas d’avoir quelques oeuvres de Christo, notamment au Musée Van Beuningen à Rotterdam, les “380 wrapped trees” (1969) et “shirt wrapped on tailor mannequin” (1958), au van Abtmuseum le “packed arm chair” (1964) et au musée Kröller-Muller les 56 barrils de pétrole empaquetés (1960), les quatres barrils (1969) et les “double show windows (1965 et 1966).
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  • Prachtig!

  • Le comble pour un amateur d'art?? Ne pas être emballé par Christo!!! Les petites revues de je me sais quoi, emballées dans un plastique transparent, ficelées avec de la jute, qui sont au Mamco bin bof/boffffffff!!!! C'est comme son mastaba en barils de pétrole c'est un peu bidon!!!! Je me souviens des grands cubes en acier rouillé de Donald Judd au Musée d'Art et d'Histoire il y a 20 ans, les gens passaient devant en pensant que c'était en travaux, comme les installations de Buren!

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