Les bruits de la ville

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Au nom de la lutte contre le bruit, je viens de subir une quinzaine de jours parmi les plus bruyants de ma vie.

Sur le carrefour de la place des Vingt-Trois Cantons, à l’angle du boulevard du Pont d’Arve et de la rue Dancet, le Service de l’aménagement, du génie civil et de la mobilité de la Ville de Genève a fait recouvrir la chaussée d’un revêtement phono absorbant. J’habite à proximité.

Ce fut un ballet assourdissant de camions et d’engins, de barrières rouges et blanches  et de travailleurs transformés en bonshommes orange.

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A chaque fois qu’un véhicule reculait, on n’évitait pas les bip-bips réglementaires, même si personne ne se tenait derrière eux.

Les marteaux piqueurs préparaient le terrain, les pelles mécaniques ramassaient les gravats. Lorsque la raboteuse raclait le sol en grondant et le recrachait sur le camion roulant devant elle, celui-ci était averti qu’il devait avancer par un léger coup de klaxon qui ressemblait à une sorte de plainte ou de gémissement. Le camion une fois rempli partait déposer sa charge au loin, là où elle sera récupérée et réutilisée plus tard.

Tandis que les camions thermos apportaient les enrobés, ces granulats agglomérés qui constituent la nouvelle chaussée, celle-ci était aplatie par les finisseuses et rouleaux compresseurs. D’autres véhicules, dont j’ignore le nom, participaient au tintamarre. C’est parfois en hurlant que les ouvriers devaient se parler pour s’entendre.

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Pourquoi les moteurs de tous ces engins sont-ils si sonores ? Pourquoi les ingénieurs ne s’ingénient-ils pas à remédier à ce problème ? Question naïve, bien sûr, que l’on ne peut éviter de se poser quand on y est confronté.

Pendant la durée des travaux, les feux de signalisation avaient été supprimés ; les ambulances et les pompiers devaient se frayer un chemin en faisant actionner leurs sirènes avec encore plus d’entrain que de coutume.

Parfois, des agents de sécurité dirigeaient tant bien que mal la circulation au milieu de laquelle les piétons se faufilaient au péril de leur vie.

Tout cela en pleine chaleur caniculaire. Comment les travailleurs – tous des hommes – tenaient-ils le coup, entre le vacarme incessant et la fournaise estivale ? Quoi qu’il en soit, ils savent garder leur calme.

Depuis quelques mois, la route était déjà équipée de signaux limitant la vitesse à 30 km/h. afin d’en diminuer le niveau sonore.

Maintenant tout est rebouché, les engins sont repartis, les rues sont revêtues de leurs beaux atours.

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Franchement, je n'entends pas beaucoup de différence. D'ailleurs les motos continuent leurs pétarades.

Mais lorsqu’on habite en ville, on sait qu’on ne peut y trouver le silence.

 

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