A boire et à manger

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On trouve de tout sur la toile. Du bon et du mauvais, du drôle et du risible, du passionnant et du pitoyable.

En matière de langue française, il y a à boire et à manger.

Dans le bulletin de l’association Défense du français (Feuille de route N° 33, août 2020), j’ai découvert ce qui suit, provenant d'un utilisateur d'internet, qui m’a donné du grain à moudre :

 

CV en vue d’un emploi maraîcher

Ex-enseignant confiné, je me porte volontaire pour répondre à l’appel de l’aide demandée dans le milieu maraîcher.

Voici mes arguments :

« Avec cette pandémie, las de regarder des navets à la télévision, je me dis que c’est la fin des haricots et que les carottes sont cuites, j’ai le moral dans les choux, j’ai le crâne comme une citrouille, les joues couleur tomate et comme un pois-chiche dans ma tête !

Mais plutôt que d’être là comme une courge, je veux garder la patate et, même si je n’ai aucune expérience réelle dans l’agriculture j’ai quelques références. J‘ai côtoyé très régulièrement des chefs d’établissements totalement hors-sol, des élèves qui racontaient des salades après s’être rangés en rangs d’oignons. J’ai enduré des réformes à la noix… Mon supérieur m’a pris parfois pour une poire et j’ai souvent fait le poireau devant mon ordi.

Je n’entends pas travailler pour des prunes. Comme je n’ai plus un radis et suis fauché comme les blés, j’espère mettre un peu d’oseille dans mes épinards et un peu de piment dans ma vie. Ce serait vraiment la cerise sur le gâteau ! ».

 

Les expressions tirées des plantes et des aliments  épicent notre belle langue. On peut les mettre à toutes les sauces, même si elles ne sentent pas la fleur des pois.

Chacun n’est pas traité comme un coq en pâte ou une grosse légume, surtout  si on n’a pas la pêche. Dans le tram, on est souvent serré comme des sardines, ou pire, comme des anchois, à tel point qu’on peut tomber dans les pommes. Si on n’est pas bien soigné, il suffit de secouer le cocotier et on risque de devenir un légume. Vieille noix que nous sommes, il ne nous reste plus qu’à manger les pissenlits par la racine.

 

Cette chronique me permet de mettre en évidence une organisation qui se bat pour la défense du français, si souvent malmené: Association Défense du français, qui a été créée à Lausanne et dont l'un des fondateurs était le grand journaliste Jean-Marc Vodoz, champion des journalistes de langue française, mort l'an dernier.

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L'association publie un bulletin dans lequel on distribue des fleurs et surtout des orties, malheureusement. Ce sont les récompenses décernées aux entreprises, qui utilisent le français à bon escient ou qui renient le français et qui cultivent l’anglomanie.

Sur son site, www.defensedufrancais.ch se trouve un lexique traduisant les anglicismes les plus utilisés. Le site publie aussi des textes concernant la francophonie et les rapports avec d’autres groupements similaires.

L’association essaie d’influencer en faveur de la langue française et intervient auprès d’institutions pour les rendre attentives au problème, notamment auprès de la Radio romande.

Lien permanent Catégories : Langue française 9 commentaires

Commentaires

  • Bonjour Anne,

    A comparaisons légumières, métaphores animales… Ai trouvé sur la toile ce petit texte, en écho comme un frère à votre chronique potagère :

    « Myope comme une taupe, rusé comme un renard... les termes empruntés au monde animal sont partout. La preuve :

    Que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme une mule, malin comme un singe, chaud lapin ou fine mouche, vous êtes tous un jour ou l'autre devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

    Vous arrivez frais comme un gardon à votre premier rendez-vous et là, pas un chat ! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous pose réellement un lapin.

    Le type qui vous a obtenu ce rencard, avec lequel vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié :
    - Cette poule a du chien, une vraie panthère.
    C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois, mais non, elle arrive. Bon, dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.
    Sauf que la fameuse souris est en fait plate comme une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous noyez le poisson. Vous avez le bourdon, envie de verser des larmes de crocodile. Vous finissez par vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre. Vous avez beau être doux comme un agneau, faut pas vous prendre pour un pigeon ! »

    Bon, faut admettre que le texte est daté et qu’il ne brille pas du féminisme triomphant de la doxa actuelle, chère à nos cœurs.... Il nous sera pardonné : les vieilles noix que nous sommes ne sont-elles pas destinées sous peu à déguster les pissenlits par la racine, pour reprendre votre aimable expression. Encore que ceusses-ci comme on dit à l'ADF risquent de se faire rares avec tous ces herbicides…

  • LOL! Quel souffle gislebert!

  • Jean-Marie Vodoz. Vous ne perdez jamais une occasion de vous tromper...

  • "Il y a des hommes qui ne se trompent jamais, parce qu'ils ne se proposent rien de sensé. "
    Citation de Johann Wolfgang von Goethe ; Les maximes et réflexions (1749-1832)

  • Suite sautée :@

    Gislebert, j’aurais jréféré le Boléro de Ravel qu’une marche funèbre.....pour la fin...pas la nôtre, mais du commentaire. :)

    Bon dimanche:)

  • Dans les années 1960, il existait déjà un bulletin de défense de la langue française diffusé, entre autres, dans les collèges et les imprimeries par abonnement.

  • François Rabelais aurait aussi parlé du parfum des fleurs, des glands, des noix.

    Diableries que tout cela !

  • François Rabelais… euh pourquoi pas, va pour le parfum des roses... Vrai aussi qu’il a laissé une délectable liste des différents torche-culs testés par Gargantua, lequel en décrit par le détail à l’adresse de son père Grandgousier les avantages et inconvénients. M’enfin, aucune diablerie là-dedans, que du bio…
    Quant aux glands et aux noix, inutile d’en rajouter, vous trouvez qu’ils ne sont pas encore assez nombreux sur ce portail ?

  • Très amusant!

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