Sur l'herbe verte londonienne

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Deux grandes compétitions sportives se sont achevées dimanche sur l’herbe londonienne, le tennis à Wimbledon et le football européen à Wembley. Le gazon de Wimbledon avait jauni vers la ligne de fond tandis que la pelouse de Wembley avait gardé sa belle verdure.

Dans les deux cas l’Italie était partante. Elle est sortie gagnante dans le jeu d’équipe et perdante en individuel.

Et pourtant. La fin du match Angleterre-Italie ressemblait à un corps à corps. Là aussi, finalement, deux individus s’affrontaient. L’image avait tout d’une peine capitale. Fusillé du regard par le peloton d’exécution, le gardien de but était confronté au tir d’un seul homme qu’il ne devait surtout pas chercher à éviter. C’était L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty comme l’a décrit l’écrivain autrichien Peter Handke.

Une loterie

La séance des tirs au but qui doit mettre fin à une égalité insupportable au football est similaire au tie break, le jeu décisif qui intervient pour départager deux joueurs de tennis à la fin d’une manche. On termine par une loterie dans les deux cas. L’échec du perdant est encore plus dur à encaisser.

La règle du jeu décisif a été introduite en 1970 pour abréger les matchs de tennis et satisfaire les télévisions. Deux points doivent séparer les joueurs et non deux jeux. Dans un tournoi du grand chelem, comme c’est le cas à Wimbledon, le jeu décisif n’intervient pas en cinquième manche. Il faut aller jusqu’au bout.

On peut en arriver à des parties interminables, comme ce fut le cas à Wimbledon en 2010. L’Américain John Isner et le Français Nicolas Mahut se sont disputé la victoire pendant trois jours : la dernière manche a duré plus de huit heures, en deux jours, aboutissant au résultat ahurissant de 70-68, obtenu par Isner.

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Isner, un habitué des records : il mesure 2 m. 08 et dans cette mémorable partie il avait décoché 112 aces. (Getty Images)

Novak Djokovic, lui aussi, accumule les records. En gagnant Wimbledon 2021, le Serbe rejoint ses compères Federer et Nadal  au sommet de la hiérarchie des grands chelems avec 20 titres.

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(Photo DNnet)

Mais il était déjà détenteur d’un résultat inégalé : avoir remporté tous les tournois du grand chelem et tous les tournois ATP Masters 1000. Il n’a que 34 ans, rien ne l’empêche de poursuivre sa ribambelle de succès, vu la qualité de son jeu et sa détermination.

Championnes

Une joueuse de tennis les bat tous sur ce terrain : l’Australienne Margaret Smith Court a recueilli 24 titres de grand chelem, en simple, mais elle en a également décroché en double dames et double mixte entre 1960 et 1973.

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Margaret Smith Court, championne toutes catégories (Photo Lematin.ch)

Son règne s’était achevé en 1974 par l’arrivée d’une compatriote, Evonne Goolagong, d’origine aborigène, dont le jeu spontané et instinctif inspire la nouvelle reine de Wimbledon, l’Australienne Ashleigh Barty, 25 ans et l’avenir devant elle. 

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Ashleigh Barty avec le trophée de Wimbledon (Skysports)

Quant à l’Américaine Serena Williams qui cherchait à rattraper Smith Court cette année, elle en est restée à 23. Agée de 39 ans, il semble peu probable qu’elle y parvienne désormais.

On peut dire la même chose pour Federer qui va atteindre 40 ans en août et dont le niveau de jeu s’est émoussé ces derniers temps. On espère quand même avoir encore le plaisir de le voir danser sur les courts avec sa grâce et son élégance.

 

 

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