B.O.B.O

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B.O.B.O. : Ces initiales récapitulent un week-end récent passé dans la capitale helvétique où j’ai pu admirer des réussites artistiques : à Berne, Meret Oppenheim, Max Bill, le marché des Oignons.

Meret Oppenheim (1913-1985) est l’une des artistes ayant marqué le 20e siècle par son originalité et son esprit d’indépendance.

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Portrait au tatouage, 1980, spray sur photo (Kunstmuseum, Berne)

Avant d’entrer au Kunstmuseum pour voir sa rétrospective, on peut la rencontrer à la Waisenhausplatz où se dresse la fontaine qui lui fut commandée en 1983 et qui suscita une polémique qu’on a peine à comprendre aujourd’hui.

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Née à Berlin, d’un père allemand et d’une mère suisse, elle passe sa jeunesse dans ces deux pays. A 19 ans, décidée à devenir peintre, elle découvre Paris et y retournera fréquemment, en se mêlant à la vie artistique et notamment aux surréalistes. Dès 1936, elle expose seule ou dans des expositions de groupes.

La menace nazie oblige sa famille, d’origine juive, à quitter l’Allemagne pour Bâle. Elle y restera jusqu’à son mariage en 1949 avec Wolfgang La Roche qui lui donne la nationalité suisse et marque son installation à Berne. Elle achètera après la mort de son mari un atelier à Paris et fera la navette entre Berne, Paris et le Tessin.

Dès ses débuts, elle surprend. Son œuvre la plus connue, la Tasse en fourrure (qui n’a pas fait le voyage du Moma de New York à Berne) date de 1936.

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A côté de ses tableaux et dessins, ses objets transposés restent sans doute ses créations les plus personnelles. Les chaussures, par exemple, lui inspirent d’étonnantes variations.

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Ma gouvernante, 1936-67 (Moderna Museet, Stockholm)

Le Kunstmuseum de Berne, qui possède la plus grande collection de ses œuvres, s’est associé à la Menil Collection de Houston Texas et au Musée d’art moderne de New York pour organiser cette superbe rétrospective.

Meret Oppenheim ma collection, à Berne jusqu’au 13 février 2022, puis à Houston, du 25 mars au 18 septembre 2022, et enfin au Moma de New York, du 30 octobre 2022 au 4 mars 2023.

Max Bill

Passons à un autre grand artiste suisse qui a marqué le 20e siècle dans de nombreux domaines, Max Bill (1908-1994) exposé au Centre Paul Klee.

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Max Bill 1960 (George Vantongerloo Stiftung. Photo ATP)

Il débute très jeune dans la sphère artistique puisqu’il fait un apprentissage en orfèvrerie à 16 ans à Zurich et obtient un premier prix à un concours d’affiches l’année suivante. A 19 ans, il étudie au Bauhaus à Dessau. Il se lance tour à tour dans la peinture, la sculpture, l’architecture, voyage dans tous les continents, se lie à de nombreux artistes, dirige l’école du design d’Ulm (1953-1957) dont il a été le concepteur. Il publie ses idées. Bref ce touche-à-tout de génie est si multiple que le film présenté dans l’exposition est presque indispensable pour en comprendre la diversité : Max Bill – un regard absolu, 2008, réalisé par Erich Schmid.

Max Bill avait pour objectif d’améliorer la vie des gens en trouvant des solutions économiques, durables et esthétiques en architecture, dans le design ou le graphisme.

Dans la grande halle du Centre Paul Klee, son œuvre, qui peut paraître rébarbative, est présentée de telle manière que l’on est fasciné par sa complexité et, à la fois, sa simplicité.

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Sculpture et tableaux datant de 1970 à 1983

De plus, des échantillons de nombreux artistes l’ayant côtoyé contribuent à recréer une époque.

Max Bill global, Centre Paul Klee, jusqu’au 9 janvier 2022.

 

Marché aux oignons

Passer un week-end à Berne pour visiter des expositions permet de profiter des beautés  de cette ville unique par sa conservation exemplaire. La vie sous les arcades ou dans les sous-sols n’a rien de figé.

J’ai même eu la chance de découvrir le Marché aux Oignons, une tradition séculaire.

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Lorsque je suis sortie de mon hôtel pour rejoindre la gare vers 10 h. du matin, j’ai été accueillie par une fanfare en grand apparat.

J’avais de la peine à me frayer un chemin et peur de rater mon train. Tout au long du centre de la Vieille Ville, des dizaines de stands étaient censés offrir des oignons tressés ou torsadés (j'avoue que je n'en ai pas beaucoup vu), mais aussi des fruits et légumes, de la mangeaille et des souvenirs de toutes sortes. Les rues étaient jonchées de confettis et bondées de visiteurs venant de toutes parts qui s’empiffraient déjà de tarte aux oignons, de raclette ou autres victuailles apportées par des paysans de la région. On n’y voyait aucun enfant : ils n’avaient pas congé pour l’occasion, réservée aux adultes qui s’en donnent à plein gosier.

Cette fête populaire, dédaignée par quelques vieux patriciens bernois, a lieu tous les quatrièmes lundis de novembre dès potron-minet. Elle remonte, dit-on, au quinzième siècle. Lorsqu’un gigantesque incendie se déclara dans la ville de Berne, des paysans fribourgeois lui avaient porté secours. Depuis lors, ils auraient eu l’autorisation de vendre leurs produits chaque année en souvenir de leur aide.

 

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Commentaires

  • Ah Anne, dois vous l'avouer : Meret m’inspire…

    Ai une vieille paire de charentaises qui traînent au fond d’une armoire, vais les garnir de poireaux et de quelques carottes racornies, intituler le montage « Mon petit potager à moi» et écrire au musée bernois pour l’exposer dans la galerie des épigones, disciples et admirateurs...

    Quand on suit le cours actuel des choses où la réalité dépasse l’affliction, le surréalisme, y a que ça, pas à barguigner !

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