Les drapeaux de la ville

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Quand la bise siffle, les drapeaux flottent. En se promenant dans les rues de Genève, on est rendu attentif aux bruits et aux mouvements que les rafales de vent entraînent autour d’elles.

Au bord du lac, ce sont les mâts des bateaux amarrés sur les rives. Mais en ville, les drapeaux claquent sur nos têtes et attirent l’attention. J’ai profité d’un ciel sans nuages pour aller à la recherche de quelques images colorées.

Le drapeau suisse est une curiosité en soi puisqu’il est le seul drapeau national de format carré, parce qu’il remonte, dit-on, aux étendards militaires d’autrefois. Celui du Vatican aussi est carré ; cela ne provient sans doute pas de l’intervention des gardes suisses.

Toutes les administrations municipales et cantonales arborent des enseignes nationales.

A l’Hôtel de ville, on y a adjoint les couleurs bleu clair des Nations Unies. Personne ne s’en plaint.

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Contrairement à la France qui pousse des cris d’orfraie parce que le président Macron a décidé de déployer à l’Arc de triomphe l’étendard bleu aux 12 étoiles de l’Union européenne le 1er janvier. C’était le jour de la prise de présidence par la France pour six mois. Tous les partis politiques concurrents lui ont reproché de ne pas y avoir ajouté les couleurs nationales. Mauvais procès ? La France était présente puisqu’elle rendait hommage à l’Union européenne au cœur de l’un de ses monuments nationaux le plus solennel.

Plus problématique paraît la décision d’accepter la présidence durant un semestre où la politique française ne parle que de ses propres campagnes électorales. Mais c’est une autre histoire.

Revenons à nos drapeaux locaux.

On en voit sur de nombreux établissements qui accueillent le public, les restaurants, les cafés, les théâtres, les musées.

La rue de la Corraterie s’est décorée depuis un demi-siècle de 57 drapeaux aux couleurs suisses et genevoises formant une sorte de défilé patriotique. Une initiative bienvenue de l’Association des intérêts de la Corraterie.

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A la place Neuve (que les TPG ont rebaptisée de Neuve, comme quelques autres aberrations, par exemple De-Chateaubriand), les étendards flottent sur le Grand Théâtre et le Musée Rath, arborant leurs bizarres logos. Sur le Musée Rath, filiale du Musée d’art et d’histoire qui semble l’avoir abandonnée, on dirait un drapeau blanc, signe de capitulation. Il faut dire qu’il n’y a pas de quoi pavoiser. Aucune exposition d’envergure n’y a été organisée depuis des mois.

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Sur la plaine de Plainpalais sont aussi érigés des drapeaux blancs, mais plus joyeux. Ils nous invitent à faire la fête au milieu des manèges et des autres divertissements proposés par les forains.

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Plus solennels sont les drapeaux alignés au Palais des Nations.

Adossée contre l’un des pieds de la Chaise bancale de Daniel Berset, métaphore des dégâts causés par les mines anti-personnel, je contemple l’allée des Nations. Cent nonante-trois pavillons s’exhibent côte à côte, pacifiquement. On aimerait aussi y voir une métaphore.

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Toutes les ambassades et représentations étrangères arborent leurs couleurs, parfois en berne, pour nous associer à leur histoire.

Un roman

Évoquer les drapeaux de la ville de Genève me rappelle le titre d’un roman très attachant, portant ce titre, Les Drapeaux de la ville. Ce troisième tome de Le Pain noir - une œuvre en quatre parties de Georges-Emmanuel Clancier - relate les heurs et malheurs d’une famille pauvre qui trime dans les fabriques de porcelaine de Limoges à la fin du 19e siècle. Autour de la vie d’un personnage féminin, depuis son enfance dans la campagne limousine jusqu’à son grand âge, l’auteur brosse le portrait saisissant d’une femme, qui malgré les vicissitudes ne baisse jamais les bras.  

Sauf un feuilleton télévisé en 1974, on ne parle plus guère de cette magnifique série, publiée entre 1955 et 1961, comparable à celles de Duhamel ou de Martin du Gard, et c’est dommage. Voilà pourquoi j’en touche un mot, en passant.

Cette histoire n’a rien à voir avec notre sujet du jour auquel je reviens, en conclusion.

J’ai choisi les drapeaux de notre ville pour saluer l’année nouvelle que je vous souhaite, malgré tout, heureuse et belle.

Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 7 commentaires

Commentaires

  • Un billet de Jour de l’An, Anne, qui ne vous vaudra ni grogne, ni piaillerie…enfin, c’est à espérer.
    Vous avez oublié, dans votre balade de par les rues de chez nous, de nous parler des drapeaux que l’on plante, de ceux qui servent à marquer son territoire, à affirmer comme dans ces colonnes son opinion et ses convictions et qui flottent au gré des rafales qui font tourner les girouettes, à Genève on connaît…

    A distinguer des drapeaux qui demeurent plantés chez les commerçants, les impayés que connaissent bien les prestataires de soins entre autres, à l’époque bénie du tiers-garant et qui eux ne font que mariner dans les comptabilités à la rubrique des pertes et profits.

    Gentil à vous de nous souhaiter vos vœux pour encore un coup de vieux. On vous les retourne de bonne grâce.

  • Belle histoire Anne!
    Depuis les Pays-Bas, nous vous saluons bien bas, vous les Suisses.
    Notre drapeau porte trois bandes horizontales, rouge blanc bleu, dérivé du premier emblème national, le "prinsenvlag" ou banière des princes.
    Wikipedia nous apprend que Guillaume 1er d'Orange, guidant la révolte contre les Espagnols, aurait donné autour de 1575 ce prinsenvlag aux sept Provinces-Unies.
    Environ 8.000 Suisses habitent aux Pays-Bas, les relations entre les deux pays ont toujours été excellentes (depuis la 1ère représentation néerlandaise à Berne en 1814).
    Pro Helvetia soutient les activités d’artistes suisses aux Pays-Bas.
    Les Pays-Bas comptent parmi les principaux pays de destination des investissements directs suisses.
    Bref, nos couleurs se marient bien!

  • "A l’Hôtel de ville, on y a adjoint les couleurs bleu clair des Nations Unies. Personne ne s’en plaint." Personne ne s'en plaint, ok. Mais qu'est-ce qu'elles font là ? Genève aurait-elle intégré l'UE sans nous le dire ?

  • M'enfin, Géo, faudrait pas confusionner le drapeau des Nations-Unies avec celui de l'UE...

  • Les nations unies et l'union européenne ont le même but "le mondialiste, et la gouvernance mondiale"! Celle dont attali, sarko et hollande parlent dans leurs discours, comme de la seule solution pour l'humanité!

  • Ouille, ma vue baisse : j'ai cru y voir un drapeau européen. Mea maxima culpa.
    C'est une bonne leçon : on ne voit que ce qu'on se prépare à voir...
    Isolés dans un chalet entre étudiants préparant un exam (pas le même...), nous avions des discussions passionnées le soir. Entre chien et loup, je me décide à sortir pour sortir les restes "pour le renard". Je me munis d'une lampe de poche, parce qu'on est plus côté loup que chien. La pile de la lampe est plutôt en fin de vie et donne une faible lueur. Le chalet est entouré de neige craquante. Je dépose côté forêt les restes et je l'entends craquer tout près, la neige. Je tourne ma lampe en direction de l'animal, et je n'en reviens toujours pas: j'ai dit en rentrant que j'avais vu le renard. Alors que clairement, c'était un félin, plutôt gros... (mais pas un lynx, il avait une queue de chat sauvage...).

  • Un frisson dans la nuit. . .
    Un ours en Berne !
    Et dans la ville, des vaguelettes en goguette. . .

    Très belle année à vous !

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